Un peu de techno-humanisme ?!

Je ne sais pas dans quel genre on devrait répertorier ce livre, tant il relève de tous les genres. C’est un thriller, futuriste, fantastique, philosophique, initiatique ! Et j’en passe ; mais c’est surtout un pur plaisir de lecture. « Des larmes sous la pluie » ne semble pas être caractéristique des écrits de Rosa Montero, moins fantastiques et polar dans leur ensemble, mais la profondeur de la pensée et de l’analyse de la société qui résonnent dans ce roman m’a donné envie de lire tous ses autres livres. Je vous invite à en faire autant : entrer dans l’oeuvre de cette écrivaine espagnole, par ailleurs journaliste au quotidien El Pais. Dans ce livre nous sommes plongés dans une réflexion sur « l’Autre », mis en scène sous de multiples formes, dont les habitants d’autres planètes, les « réplicants » – des simili humains créés par la main de l’homme – ou des humains transformés en panneaux publicitaires, qui se côtoient désormais sur Terre. La mort, l’amour, la communication et bien d’autres grands thèmes sont merveilleusement abordés et traités ici. Lire la suite

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Restera là-haut…

Comment définir un homme de montagne, si l’on n’est pas soi-même cette chose-là ? Moi qui aime tant la montagne, ce qu’elle symbolise, ce qu’elle dégage et offre, j’ai eu grand plaisir à me plonger dans ce livre et me laisser porter lentement, au fil des mots. Car oui, Paolo Cognetti parle très bien de la montagne, de l’homme qui aime la montagne, ainsi que de l’homme qui sait vivre en montagne. Je ne sais si l’histoire narrée est autobiographique, mais intimiste, elle l’est, envoûtante aussi – et pourtant, si simple. C’est une histoire d’amitié, d’amour, d’abandon et de retrouvailles… une histoire de la vie, en somme, qui n’a pas besoin de se raconter mais simplement d’être partagée. Lire la suite

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Quand la musique nous porte loin

Hari Kunzru est un écrivain et journaliste largement connu dans le monde anglo-saxon mais également très traduit dans le monde. J’avais lu son Dieu sans les hommes qui avait tant fait parler de lui aux Etats-Unis et en Angleterre à sa sortie en 2011. J’avais été plus qu’intriguée. Ce nouveau roman, Larmes blanches, est plus facile à aborder, peut-être parce qu’il suit une structure linéaire et chronologique et se cantonne à un seul et même narrateur, mais il nous réserve malgré tout bien des surprises ! Un ou deux mois après l’avoir lu j’ai commencé à réaliser ce que sa lecture avait posé en moi. Cette drôle d’histoire m’en avait plus appris, ou dit, que bien des livres lus sur l’esclavage et la condition des noirs américains… sans en avoir l’air. Alors, oui, je vous le conseille en espérant qu’il parviendra à vous hanter comme il a l’a fait avec moi : secrètement et discrètement. Le livre sort dans sa traduction française dans moins d’un mois, en janvier 2018. Lire la suite

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La grande bassesse

Hanif Kureishi est une grande figure des arts et lettres de l’Angleterre contemporain. Il n’est pour ainsi dire pas de grandes distinctions qu’il n’ait reçu à ce jour, au titre desquels celles de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres ou Commander of the Order of the British Empire. Il est écrivain, scénariste, dramaturge… Je ne pense pas que ce livre reflète les thématiques qui lui sont habituelles mais il n’y a peut-être pas d’entrée unique pour aborder son oeuvre. Et pour ma part j’y aurai mis les pieds par cet « Air de rien », de son titre original littéral « Le Rien » !

Eh oui, versons un rien de luxure, ajoutons-y un rien de manipulation, complétons en agrémentant d’un rien de trahison, saupoudrons un rien de détresse et pour l’assaisonnement final chacun selon ses goûts optera pour un rien de jalousie ou de vilenie ou d’insanité mentale. Nous obtiendrons alors ce grand rien qui est synonyme de désir absolu de pouvoir mais également synonyme d’impuissance totale ! Et voici ce qui est mis en scène dans ce livre fin et léger d’à peine deux cent pages. C’est plein d’humour, mais est-ce vraiment drôle ?! Lire la suite

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Outillage de paix

J’ai lu presque tous les livres de cette écrivaine. Et le presque vient du fait que j’ai « raté » la sortie de l’avant-dernier mais je vais y remédier très vite ! Enseignante en histoire de l’art, elle peut désormais se consacrer intégralement à l’écriture. Mais dès son premier roman elle avait su insérer du beau dans ses mots, dans ses récits, dans le coeur de ses personnages et dans leurs rencontres sans que toute cette douceur et élan dynamique ne se traduise en niaiserie. Car oui, elle met en scène la vie, elle invente de la joie là où se niche la tristesse, crée de la magie et de l’espoir là où tout n’est qu’obscurité et passé. Le lecteur s’amuse en la lisant, s’enchante, et accepte d’être enjoué au lieu de se morfondre. Ce dernier livre, Ör, ne fait pas exception à la règle mais cette fois le personnage principe est un homme ; un taiseux, un bricoleur, un drôle de stable ! Lire la suite

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Qui survivra verra…

Quelle jolie dystopie ! Eh oui, Jenni Fagan, écrivain écossais, a écrit un livre d’une grande poésie, riche de subtilité, d’humour, de finesse et de tendresse. Mais c’est bien une dystopie et l’extraordinaire et le hors normes y ont leur place, privilégiée… C’est beau et étrange, intime et très imaginaire. Ça se dévore, d’une lecture lente.

Nous sommes dans un futur très lointain où, dû au réchauffement climatique, les glaces ont fondu, où les iceberg dérivent vers l’Europe et où désormais l’hivers épouse les moins cinquante (-50°C) degrés Celsius. Et notre écrivaine, dotée d’humour, situe ce futur lointain en 2021. Pour le reste le monde ressemble à celui que nous connaissons, une planète avec des êtres humains : des hommes, des femmes et des trans-genres. Lire la suite

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Transgressions et transformations

Un bon polar est en général bien plus que juste un polar. C’est souvent la retranscription d’un monde, d’un univers existant quelque part sur la planète et l’atmosphère qui l’accompagne. Avec Natsuo Kirino nous sommes dans le Japon de la bienséance et de la réussite… Si ce n’est qu’ici c’est l’envers du décor qui est dessiné. Que se passe-t-il lorsqu’on cherche à sortir de sa condition, de son statut, de sa ville natale. Fugue, adultère, séparations, où mènent-ils ? Dans ce roman savamment noir bien-sûr ! Lire la suite

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Vivre c’est comment ?!

Les livres poignants et drôles qui savent nous raconter mille souffrances en nous faisant rire et en nous abreuvant de traits d’esprit, ça ne court pas les rues. (Et les rues sont bien peuplées !). C’est pourtant une promesse que tient Viet Thanh Nguyen. Le Sympathisant est fin, créatif, hors normes tout en nous parlant de sujets mille fois vus, mille fois lus : la guerre, le Vietnam, l’exil, la double identité. Or ici la double identité est poussée à son extrême : le narrateur est un agent double, déchiré et solide comme personne ! Ce livre a remporté bien des prix littéraires, et parmi les plus renommés… sincèrement, il le mérite. Lire la suite

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Démettre l’élève

J’ai été bien surprise par cette dernière parution de l’écrivaine sarde Michela Murgia. Autant vous dire qu’il ne ressemble en rien à ses romans précédents si ce n’est qu’il est aussi réussi que les autres ! Nous sortons ici des petits villages sardes côtoyés dans Accabadora et La Guerre des Saints. Tout comme la narratrice nous quittons le passé traditionnel pour rentrer ici dans un mode de vie plus moderne, et très actuel. Le récit traite de la manipulation. Avec intelligence, avec délicatesse Michela Murgia nous permet de regarder l’homme, la femme, dans leur réalité. Sans rien diaboliser, sans rien négliger elle nous emporte dans une quête autre : comment parvenir à s’aimer soi-même… Lire la suite

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Congo

Cet article a été rédigé par Florence Vizet suite au club de lecture du 24 novembre 2017

15 novembre 1884 : tous les chefs d’état européens et spécialistes se réunissent à Berlin au palais Radziwill pour créer le Congo.

Tous ces » grands hommes » et experts en fracs sont croqués par Vuillard, évoquant pour chacun son histoire et son action dans cette ignoble partage de l’Afrique: Chodron de Courcel, responsable des études à la BNP, Malet qui vante le libre échange à sens unique , Léopold roi des belges, qui se crée ainsi une propriété tellement plus grande et lucrative que son petit pays, Stanley qui doit rendre accessible le bassin du Congo, Leon Fievez qui « coupe les mains » … 

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Charmeur de la vie !

C’est toujours un moment magique de découvrir un nouvel écrivain et constater à quel point on s’est laissé emporter dans son monde. Alessandro Piperno a l’art de créer une atmosphère propre à lui, avec des personnages peints à sa façon et tout cela secoué suivant un rythme dont il détient seul le secret ! Le tout se révèle être une lecture charmante, à la chute pourtant rude. Une plume à savourer donc, sans modération ! Lire la suite

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Jusqu’où va l’amour ?

Peter Stamm est un écrivain de l’intime, de l’invisible et de l’indicible. La chose qui relie deux êtres ou qui les éloigne, cela l’intéresse. Quelle est la substance qui caractérise un homme, une femme, et permettrait de prédire leurs actes, leurs choix… Il explore ces questions et ces univers de l’infime qui frôlent pourtant l’essentiel ! Son dernier livre traduit et publié en français est un parfait exemple de son oeuvre. Lire la suite

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Sornettes.

Les livres qui me plaisent moyennement, je n’en parle pas dans mon blog. Et ce Lincoln in the Bardo ne m’avait pas spécialement enchanté… Mais puisqu’il a remporté le Man Booker Prize 2017, puisqu’il a charmé les critiques, et parce qu’il a effectivement des qualités irréfutables, me voici à faire son article ! Lire la suite

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Le miel de la vie et sa bile…

J’écoutais un écrivain italien ce matin dire que « ce sont trois choses essentiellement qui font la particularité d’un roman : le climat et l’atmosphère qui l’habitent, la musique de sa prose et ses personnages ». Je ne sais pas si c’est toujours vrai de tous les romans, mais ce sont bien les trois choses qui font la beauté de Sucre Noir. Le climat est tropical, la musique un quelque chose entre la symphonie magistrale et le tango, les personnages, eux, sont sculptés dans le moule des dieux et démons mythologiques. La tragédie n’est jamais là où on l’attend, mais toujours enfouie sous terre, invisible. Et pour le reste l’histoire se compose par grands chapitres dont les pages se tournent comme celles d’un livre. En deux cent pages nous parcourons trois siècles et trois générations ! Lire la suite

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Le début de la fin !

J’ai lu le dernier livre d’Yves Ravey avec plaisir, sans effort. Un sentiment aérien se dégage du récit alors que c’est écrit sous un mode bien terre à terre. Chaque chose est appelée par son nom. On ne s’attache qu’aux faits palpables. Les comiques de situation s’en mêlent, le suspens s’invite à grands pas… et tout cela autour d’un personnage qui m’a fait étrangement penser à celui de l’Etranger de Camus ! Lire la suite

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