Que de hauts, et que de bas !

Le Nouveau NomA moins de lire des bestsellers les romans que nous offre la littérature aujourd’hui ne sont plus tant des oeuvres romanesques. Ce sont des essais philosophiques, des témoignages, des traversées de l’actualité et des narrations de chemins personnels d’auteurs. Mais avec Le Nouveau Nom, c’est enfin un roman que nous avons entre les mains, et qui n’en est pas moins une entreprise littéraaire. Au fil des pages de ce deuxième tome de la saga napolitaine d’Elena Ferrante j’ai été transportée, j’ai été en colère, j’ai été triste et joyeuse, impatiente et bouleversée, émue, heurtée, perdue et retrouvée ! J’ai surtout été affolée par le train d’enfer auquel le récit est mené. Tant de rebondissements, tant d’imprévus et de surprises, tant d’inattendus nous attendent à chaque tournant que nous ne savons où donner de la tête. Rien d’étonnant à cela peut-être puisque nos personnages traversent l’adolescence et les premières phases de la vie d’adulte ; cet âge de la vie qui est caractérisé par l’enthousiasme et l’énergie débordante des vouloirs et des désirs. Grands bâtisseurs de chateaux de sables qui ne cessent de s’écrouler, nos jeunes napolitains dans la fleur de l’âge ne sauront prendre garde au vent et à la tempête. Et nous, lecteurs, ne pourrons faire autrement que de les suivre tête baissée. Voilà le programme qui vous attend dans ce roman, mes chers amis ! Lire la suite

L’Envie fait des prodiges

L'amie prodigieuse Elena FerranteDans nos temps modernes, que certains ont nommé post-modernes avant de décider que la post-modernité était elle-même dépassée, tout un chacun veut écrire et surtout tout un chacun veut être vu, connu, visible dans les médias et les réseaux sociaux. Mais il est encore des écrivains, parfaitement merveilleux, qui préfèrent garder l’anonymat. C’est le cas d’Elena Ferrante, dont on ne connaît ni l’âge, ni le sexe, ni le parcours de vie. Mais elle (ou il ?) se livre à nous pourtant, et si élégamment, si délicieusement de par sa plume de conteur d’histoire, de lecteur de psychologie humaine, de décrypteur des énigmes sociaux s’il en est. Je vous parlerai ici du premier volume de sa « série Napolitaine » qui met en scène l’enfance et l’adolescence des personnages d’une petite bourgade en périphérie de Naples.

Des deux petites filles, personnages principaux du livre, nous ne saurons laquelle est l’héroïne. Nous ne saurons laquelle est « Bianca », et laquelle « Katarina »… Je fais référence, là, aux deux soeurs de La Mégère Apprivoisée de Shakespeare. Bianca veut dire blancheur, la beauté et la pureté même, mais vers la fin de la pièce nous réalisons que Katarina veut également dire blancheur, et que malgré les apparences, ce serait plutôt elle la représentante de la pureté ! Lire la suite