Quand ça dépasse les bords

crue_philippe-forestJ’ai lu ce livre il y a quelque temps déjà. J’ai aimé le lire mais je ne voyais pas comment vous en parler. Or ces derniers temps avec les intempéries répétées que nous avons eues en Corse du Sud j’ai vécu des crues. L’eau qui monte, la rivière qui sort de son nid, la nature qui reprend ses droits et se moque des arrangements bâtis de main d’hommes. Ainsi la route que je prends tous les matins voyait une rivière se former et la couper dans une perpendiculaire parfaite. Dans ma voiture, je me trouvais là, sur mon chemin, mais le flot d’eau plus vivant que tout alentour me disait, mais non, tu n’iras pas par là, et si tu allais, ce serait sans garantie de retour… Voilà pourquoi maintenant je peux tenter de trouver mes mots pour vous parler du dernier livre de Philippe Forest, qui se nomme « Crue »! C’est un livre que l’on lit sans savoir où il va nous mener, ou plutôt en sachant parfaitement qu’il ne va nous mener nulle part. Le contrat est là : lire pour le seul bienfait de lire, pour le seul plaisir de se laisser tenir la main par une phrase belle, profonde, éperdue, jusque la phrase suivante et ainsi de suite jusqu’au point final. Avant d’aborder le contenu du récit ou la tendresse que j’éprouve pour les écrits de Philippe Forest, j’aime mieux vous plonger dans son texte, un bref extrait : Lire la suite

Share Button

« Le feu et la rose ne feront qu’un »

Sarinagara

Ah ! Quel merveilleux livre que ce Sarinagara… Et pourtant, il cache bien son jeu, et ce jusqu’au dernier chapitre où il dévoile enfin son dire et nous laisse succomber au charme du texte, dans son ensemble, tout en nous faisant chavirer dans une mélancolie absorbée. Mais Japon oblige ; et la brume langoureuse qui enveloppe le récit est harmonieuse avec l’opacité nippone si criante de vérité cachée !

Le narrateur se promène d’une ville japonaise à une autre cependant qu’il parcourt la vie du poète Kobayashi Issa, de l’écrivain-poète Natsume Soseki Lire la suite

Share Button