« Où est l’oeil de la terre… »

9476_morimura-post-exhibit-3La parfaite douceur est figurée au loin à la limite entre les montagnes et l’air :
distance, longue étincelle qui déchire, qui affine
Tout un jour les humbles voix
d’invisibles oiseaux
l’heure frappée dans l’herbe sur une feuille d’or
le ciel à mesure plus grand
Les chèvres dans l’herbage sont une libation de lait
Où est l’œil de la terre nul ne le sait Lire la suite

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La nature me sourit

Cette montagne a son double dans mon coeur.

Je m’adresse à son ombre,
je recueille dans mes mains son silence
afin qu’il gagne en moi et hors de moi,
qu’il s’étende, qu’il apaise et purifie

Me voici vêtu d’elle comme un manteau.

Mais plus puissante dirait-on, que les montagnes
et toute la blancheur sortie de leur gorge,
la frêle clef du sourire.

Leaf lips

 

Poème de Philippe Jaccottet, « Pensées sous les nuages »
J’ai énormément de mal à tracer l’artiste photographe qui a donné naissance à cette photo…
Merci à Magazine Littéraire qui a publié ce poème dans son dernier numéro.

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Fontaines sereines

On dirait qu’un dieu se réveille,
regarde serres et fontaines

Sa rosée sur nos murmures
nos sueurs

Fontaines sereines

Poème de Philippe Jacottet « aube »
La photo provient de ce site.

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Ombres dansantes

Le souci de la tourterelle
c’est le premier pas du jour

rompant ce que la nuit lie

Philippe Jaccottet  » Oiseaux, fleurs et fruits »

Ombres dansent sur la toile blanche

Merci à à l’artiste peintre Didier Leville pour cette photo empruntée à son site que vous pourrez visiter ici.

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La saison de l’essentiel

Simplicité

Tant d’années,
et vraiment si maigre savoir,
coeur si défaillant?

Pas la plus fruste obole dont payer
le passeur, s’il approche?

– J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,
je me suis gardé léger
pour que la barque enfonce moins

Philippe Jaccottet  « On voit »

 

Et du même poète :  « Je ne vois pas la tisserande… »

La photo vient de ce site

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« Je ne vois pas la tisserande… »

Quelqu’un tisse de l’eau (avec des motifs d’arbres
en filigrane). Mais j’ai beau regarder,
je ne vois pas la tisserande,
ni ses mains même, qu’on voudrait toucher

Quand toute la chambre, le métier, la toile,
se sont évaporés,
on devrait discerner des pas dans la terre humide.

Buddhist novice monk Kyaw Thiha plays during heavy rainfall at Shin Ohtama Tharya monastery in Yangon

Je feuilletais un recueil de poésie de Philippe Jaccottet, Pensées sous les nuages, que l’on venait de m’offrir.
J’étais d’humeur enjouée ; je m’arrêtai devant ce poème.

Quelques heures se sont écoulées. Le poème m’accompagnait toujours. Je réalisai alors que je connaissais la tisserande! Vous la retrouverez ici

(La photo ci-dessus, très belle, vient de ce site)

 

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