Des monstres d’humanité

Nights at the circusDES NUITS AU CIRQUE
(Nights at the circus)
Angela Carter
Éd. du Seuil, 1988 (v.o. 1984)
Traduit de l’anglais par Jean Guiloineau

Ce livre est tout à fait exceptionnel. Le récit premier, les récits secondaires, les personnages, les déroulements et dénouements sont délicieusement fignolés, et transgressent allègrement les limites du raisonnable. On qualifie le style de l’écrivaine de réalisme magique, et l’adjectif féministe y est souvent joint. Quelle plume formidable et quelle imagination fertile que celles d’Angela Carter, je ne saurais m’extasier suffisamment…

Un jeune reporter américain interview « Fevvers », femme trapéziste ailée, une nuit durant. Au sortir de cette première rencontre il décide de la suivre dans sa tournée russe menant la troupe en Sibérie. Il se fait engager comme clown et vivra bien des aventures, pour le plus grand bonheur du lecteur. La galerie de « monstres » qui y sont peints est aussi extravagante que le flot de sentiments, cachés ou visibles qui s’y déverse, est émouvant. Peut-on mieux rendre la saveur de l’humanité qu’au travers de ces portraits de monstres ailés, muets, nains, dormeurs ou dompteurs si hauts en couleur ?! L’humour charmant, bien entendu, n’a pas oublié d’être au rendez-vous.

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