Je te croise, tu me croises…

Le temps qui va Le temps qui vientLE TEMPS QUI VA, LE TEMPS QUI VIENT
Hiromi Kawakami
Ed. Philippe Piquier, 2013 (v.o. 2011)
Traduit par Elisabeth Suetsugu

Certains livres apaisent, ils sont une caresse de l’âme. En voici un par excellence. « Les années douces » de cette écrivaine déjà m’avait plu. Mais ce Temps qui va et ce même Temps qui revient m’aura autrement envoûté. Je ne sais si l’on peut parler de roman. Un roman-nouvelles serait-ce ? Tous les récits ont pour personnages les habitants d’un même quartier. Parfois nous croisons des personnages de récits précédents, nous les retrouvons avec une présence minime, un peu comme dans le dernier livre de Jennifer Egan (dont le titre a été affreusement mal traduit par « Qu’avons-nous fait de nos rêves »). Mais la plume de Hiromi Kawakami m’aura mieux éclairée. Les vies qui se croisent se transforment les unes les autres semble-t-elle nous dire. Réaliser cela, rien que le temps d’un instant fugitif, donnerait accès à l’essence de la vie, et laisserait entrapercevoir le sens de l’existence. Mais si j’ai tant aimé ce livre c’est parce que la lecture elle-même m’a offert du bonheur. Je ressentis comme j’eusse voulu que le récit jamais ne se terminât, qu’éternellement je pusse continuer d’effleurer le velours soyeux émanant de ce livre.

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