Finalistes Man Booker International 2019

J'avais consacré un article très détaillé à l'ensemble des nominés 2019 du Prix Man Booker International. Les finalistes viennent d'être annoncés, les voici détaillés ci-dessous.
Rappelons que Le Man Booker, créé en 1968, est un des prix littéraires anglophones les plus reconnus, et populaires, dans le monde. Depuis 2006 son pendant international existe, le Man Booker International et célèbre les romans et recueils de nouvelles écrits en langues étrangères, traduits et publiés en Angleterre. Cinquante mille Livres sterling sont remis aux heureux gagnants, ils sont partagés à parts égales entre l'écrivain et le traducteur du livre retenu.

Tout comme dans le précédent article consacré aux livres sélectionnés j'ai préféré garder les couvertures des livres dans leur version anglaise (britannique). Une couverture est en elle-même une invitation au voyage ...

Roman français finaliste

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Les années d'Annie Ernaux, publié en France en 2008 par les éditions Gallimard, vient d'être traduit en anglais. Il a pu faire partie de la sélection parce qu'il était paru en français à l'origine sous l'appellation "roman", le Man Booker International n'intégrant pas les autobiographies. Dans un récit écrit à la troisième personne l'auteur se souvient des années d'après guerre, et raconte. Le livre est paru en anglais sous le titre The Years, publié par les éditions Fitzcarraldo, traduit par Alison Strayer.

Finalistes disponibles dans une traduction française

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Les îles aux pins de Marion Poschmann vient de paraître, en ce mois de mars 2019, en français aux éditions Stock. Cerise sur le gâteau, il a été traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, qui a notamment traduit Frantz Kafka, Bertolt Brecht, Le parfum de Patrick Süskind et Le Liseur de Bernhard Schlink. Le roman met en scène un homme qui pense découvrir que sa femme le trompe. Il part au bout du monde, au Japon, sur les traces du poète Basho. Mais il va rencontrer le jeune Yaso, qui a décidé de mettre fin à sa vie. L'un cherche la fin parfaite, l'autre le recommencement parfait. Au fil du chemin le lecteur lit les transformations vécues par l'un et par l'autre. Le livre est paru en anglais sous le titre The Pine Islands, publié par les éditions Serpent Tails, et traduit par Jen Callega de l'allemand vers l'anglais.

Le corps des ruines de Juan Gabriel Vásquez est paru en français en 2017, aux éditions du Seuil, traduit de l'espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon. Il a été retenu dans les sélections du Prix Médicis étranger et du Prix Femina étranger à sa sortie. Par un dispositif à tiroirs multiples l'auteur et narrateur Juan Gabriel Vásquez nous fait connaître l'histoire de son pays d'origine, la Colombie. Écrit fouillé, documenté, aux mille références tant historiques que littéraires ou musicales, il emporte son lecteur dans un parcours lent et passionnant. C'est une confession autobiographique et une réflexion sur l'héritage de la violence nous dit l'auteur lui-même, (...) parce que le passé est contenu dans le présent, ou que le passé est un legs qu'il ne nous est pas possible d'inventorier, de sorte qu'au bout du compte, on hérite de tout : sagesse et démesure, réussites et erreurs, innocence et crimes. Le livre est paru en anglais sous le titre The Shape of the Ruins, publié par les éditions Quercus, MacLehose Press et a été traduit par Anne McLean.

Sur les ossements des morts de Olga Tokarczuk est paru en français en 2012, par l'éditeur suisse Les éditions Noir sur Blanc, traduit du polonais par Margot Carlier. Rappelons qu'Olga Tokarczuk a été lauréat de ce prix l'année dernière pour son récit Les pérégrins, paru en anglais sous le titre Flights et traduit par Jennifer Croft. Un autre titre de l'écrivaine, Les livres de Jakob était finaliste du Prix Femina étranger 2018. Roman construit sous forme de polar, l'histoire se déroule dans la campagne polonaise. Le récit, génial et décalé, remet en cause nos perceptions et notre vision de la justice envers les êtres marginalisés ou les animaux, de la folie ou de la prédestination. Le livre est paru en anglais sous le titre Drive Your Plow Over the Bones of the Dead, publié par les éditions Fitzcarraldo, traduit par Antonia Lloyd-Jones.

Finalistes non encore traduits en français

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Celestial Bodies (corps célestes) de l'écrivaine omanienne Jokha Al-Harthi dépeint l'histoire de trois sœurs et leurs parcours respectifs. Le roman est construit comme une saga familiale, parcourant les générations successives et les vies des hommes et des femmes qui la composent. Ce faisant le récit retrace l'histoire du pays, qui a subi des transformations importantes tant au plan économique que sociétal. Et l'écrivaine parvient à sortir le lecteur occidental des schémas simplistes pour lui faire connaître une réalité plus vaste et plus complexe. Rappelons que Jokha Al-Harthi était conférencière à un colloque international sur le roman policier arabe les 28 et 29 mars 2019, à Paris. Ce roman a été publié par les éditions Sandstone, traduit en anglais par Marilyn Booth.

The Remainder (le restant) est un premier roman de la jeune écrivaine chilienne Alia Trabucco Zerán. A l'inverse de la plupart des romans chiliens contemporains qui font le choix de dépeindre des vies qui se déroulent dans l'ère Pinochet, ici nous sommes dans les lendemains de la dictature. Les personnages principaux sont trois jeunes gens dont les mères ont milité contre la dictature, de leur temps. Suite à un incident ils vont se rendre ensemble dans la cordillère des Andes, et sur ce chemin ils devront se confronter au souvenir d'un passé dont ils ne connaissent pas les secrets. Ce roman a déjà remporté un prix littéraire anglophone. Il a été publié en anglais par les éditions And Other Stories, traduit de l'espagnol par Sophie Hughes.

Commentaire d'actualité

Dans tous les articles de presse consacrés à cette annonce des finalistes, que j'ai parcourus ces derniers jours, j'ai systématiquement lu un commentaire supplémentaire sur les écrivains finalistes et leurs traducteurs. C'est un commentaire qui correspond à l'air du temps. On attire notre attention sur le fait que 5 écrivains sur 6 retenus sont des femmes et que les traducteurs sont tous des femmes. Est-ce une grande avancée d'être obligé de spécifier cela ? Je ne sais pas. Je n'aimerais pas penser que le jury a fait sa sélection en gardant les titres des écrivaines et traductrices pour leur genre mais que ce sont simplement les livres qui méritaient le plus d'être reconnus...

Prochaines étapes et liens

Le jury révélera le nom des lauréats (écrivain et traducteur du livre retenu) le 20 mai 2019.

Pour consulter le nom et les attributions des membres du jury vous pouvez vous rendre sur la page officielle de ce prix en cliquant ici.

Vous trouverez l'article de Kimamori présentant en détail les nominés 2019 en cliquant ici.

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