Lentement mais sûrement… dans le mur

The OrchardistTHE ORCHARDIST
Amanda Coplin
éd. Harper Collins,  2012
Sélection “5 under 35” du National Book Award 2013
Lauréat du Barnes & Noble Discover Great New Writers 2012

Toujours j’aime lire les premiers romans qui sont de grandes réussites. Et Amanda Coplin a tant été louée pour son livre que je me suis laissée convaincre aisément. C’est très étonnant qu’une jeune écrivaine rame à contre courant de son époque, car force est de constater que les nouveaux romanciers aiment manier les fantaisies, les terreurs ou les horreurs sous leur plume, tout du moins peindre moult rebondissements dans leurs écrits. Ce n’est pas le cas ici. On serait en train d’écouter un solo de violon ou de violoncelle au travers de cette lecture, non pas du rock et du pop. Le décor, lui, est celui d’un verger, d’une pommeraie pour être plus précis. Le propriétaire de cette pommeraie est l’homme qui nous accompagnera tout le long du récit et qui se laissera admirer pour sa grande constance dans l’amour et la protection qu’il sait prodiguer.

Deux jeunes filles débarquent dans le village avoisinant. Toutes deux sont enceintes et vraisemblablement vagabondes voire en fuite. Elles volent le propriétaire de la pommeraie pour se nourrir et notre sage et saint homme non seulement décidera de ne pas les dénoncer, mais de surcroît il continuera volontairement de se laisser voler et d’ainsi apprivoiser ces fugueuses pour progressivement les accueillir chez lui. Très vite il estimera être leur protecteur. Or un passé lourd accable ces deux sœurs et telle l’épée de Damoclès les poursuit. Malgré tout, la descendance d’une des deux filles, Angelene, connaîtra une vie doucereuse dans la pommeraie et verra son destin suivre un chemin autre que celui de sa mère et de sa tante.

Le livre est lent. Il est calme. Il est paisible et responsable. Telle une rivière tranquille le récit coule, de cette fluidité qui habituellement est propre aux tracés des grands écrivains. Et tout ce temps le fil d’une histoire se déroule pour aboutir à un dénouement où le rythme subitement s’accélère et enveloppe le lecteur d’un suspense certain.

J’aurais peut-être préféré que l’éditeur eût écourté quelque peu les longueurs du livre. Mais il n’empêche que je me suis délecté de côtoyer ces personnages, paysages et dilemmes sortis tout droit des romans façon Steinbeck. Le désir de faire régner l’ordre bat au cœur du récit et ne s’essouffle à aucun moment…

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