L’État des Livres délivre?

le rire du grand blesséLE RIRE DU GRAND BLESSÉ
Cécile Coulon
Éd. Viviane Hamy, 2013

Cécile Coulon a publié son premier livre à dix-sept ans. Voici son nouveau roman, très attendu après le succès que connut son précédent livre « Le roi n’a pas sommeil ». Elle sait être très convaincante lorsqu’elle parle de son travail d’écrivain et de ses livres. Je l’avais entendue dans une émission radio et avais été séduite par ses mots précis et bien choisis.

Je ne peux pas dire que je suis déçue du livre en lui-même mais j’avoue qu’il m’a donné le sentiment d’avoir été travaillé et rédigé à quatre ou à six mains. Néanmoins, l’idée de fond et le message véhiculés font de ce récit une belle lecture. Et puis, j’avoue avoir eu plaisir à retrouver l’écho du 1984 de George Orwell ainsi que le souffle discret d’autres livres auxquels renvoie cet écrit.

Récit d’anticipation sociale, le roman nous plonge dans un univers futuriste où les livres sont devenus l’opium du peuple, un monde où la littérature a disparu pour laisser place aux fictions qui sauront exacerber les émotions humaines et réactions instinctives qui s’y rattachent. Seuls les gardes spéciaux de l’État ne peuvent être ainsi contrôlés : il leur faut être illettrés pour se porter candidat à ces postes prisés qui garantissent confort matériel et financer. Le personnage principal, 1075, est le meilleur d’entre eux…

Dans le débat très actuel sur l’avenir du livre, la réflexion portée par notre jeune écrivaine est plus que valable. Un avenir où la littérature disparaitrait pour laisser place à l’objet livre, et aux fictions de piètre qualité n’est peut-être pas une perspective si fantastique.

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