Voyages avec ma tante, de Graham Greene

Vous ne serez nullement étonnés, de me voir faire un détour par le chemin des « classiques », cela n’est plus que routine ! Et quel plaisir, quel bonheur que de se ressourcer dans les bras de ce merveilleux Graham Greene. Lisez-le, n’hésitez pas, et pour ma part j’ai pris la ferme résolution de les lire tous, les Graham Greene ! Sans compter qu’une douce cerise s’est plantée sur le gâteau en la personne du narrateur, parfaite inspiration de celui des « Vestiges du jour » de Kazuo Ishiguro, récit dont je vous avais tant vanté les charmes ! Le même Anglais très british, très discret, prévenant, candide et remarquablement digne. A la différence que la très grande nostalgie mélancolique du livre d’Ishiguro se laissera balayer ici par un humour délicat, doublé du sel de l’aventure quasi policière, tout du moins des personnages qui le constitueraient.

Travels with my Aunt

Henry Pulling rencontre, aux funérailles de sa mère, sa tante Augusta qu’il n’a pas vue depuis une bonne vingtaine d’années. Notre ami cinquantenaire, dévoué à ses Dahlias et son train-train de retraité se laissera entraîner aux quatre coins du monde par cette femme extraordinaire. Sans cesse surpris et bousculé dans ses mœurs et habitudes, il n’en sera pas moins intrigué et attiré par le mode de vie de sa tante. C’est alors que nous ressentirons, malgré l’incongruité des situations vécues, une tendresse très particulière pour les personnages cependant que s’instille incidemment dans le récit la révélation destinée à notre ami Pulling.

Ah ! Comme j’ai aimé… Et ô comme j’apprécie le don de Graham Greene pour démarrer ses livres selon une certaine perspective de la vie et de l’Homme, conduisant son narrateur (et ses lecteurs) au fil du récit à transformer intégralement son angle de vision de départ. Cette même magie et habiletés se retrouvent dans son livre “Un Américain bien tranquille” que je vous recommande également.

VOYAGES AVEC MA TANTE
(Travels with my Aunt)
Graham Greene
Éd. Robert Laffont, v.o. 1969
Traduit de l’anglais par George Belmont

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