Nos héritages, d’Anna Hope

« Grâce se tient à la fenêtre, les mains posées sur l'épais rideau. Elle regarde dehors. Elle a du mal à dormir le matin ces temps-ci, avec l'aurore qui vient si tôt désormais, toute cette lumière. C'est cette clarté qui l'a réveillée, puis les oiseaux.
Trois semaines qu'il est mort. L'enterrement aura lieu dans deux jours. Encore quatre dans cette maison, et ensuite... terminé.»

Le sixième roman de l'écrivaine britannique Anna Hope paraît en cette rentrée d'hiver 2026. Ses précédents livres avaient conquis le lectorat et remporté des prix littéraires ; l'autrice a infailliblement bravé de nouveaux horizons d'une parution à l'autre. Avec Nos héritages elle nous enchante une nouvelle fois, en s'essayant à quelque chose de nouveau encore une fois. Une saga familiale se déplie sous les yeux du lecteur : des siècles d'histoire et de multiples aventures de vie se révèlent le temps d'une fin de semaine réunissant les membres d'une famille autour de l'enterrement du père tout juste décédé. Riche, intense, ample, le roman réunit en son sein les thématiques chères à l'autrice et allie les questions d'actualité avec l'intemporel des travers et beautés humains.

L'extrait mis en exergue au début du livre nous souffle déjà le battement de cœur du roman : Il n'y a rien qui soit comparable à un manoir de campagne anglais, nulle part au monde, surtout pour les lecteurs coutumiers des romans de Vita Sackville-West, à l'origine de cette citation.

Fannie Brooke, la fille aînée du clan Brooke est à la tête de la gestion du manoir familial installé dans le Sussex, riche de ses hectares innombrables et du projet ambitieux qu'elle y développe depuis une dizaine d'années. Son père vient de mourir et lui a légué le tout. Dès la première page, dés le début du premier chapitre on voit poindre les imprévus et les problèmes qui sortent du chapeau, sans compter les désirs et caprices des uns et des autres, tant la fratrie Brooke que ceux qui ont toujours vécu et travaillé sur ces terres, sans oublier la mère de famille, sa petite-fille et des invités surprise.

Le roman se construit en cinq chapitres : chacun relatant vingt-quatre heures de cette interminable fin de semaine. Passé, présent, futur s'épousent. Mondes économiques, politiques, environnementaux s'enchevêtrent. La finale explosive se tisse patiemment et offre de jolies envolées au lecteur.

Grande saga familiale résumée en cinq jours de vie d'une petite assemblée de personnages fantasques ou en devenir, Nos héritages se joue de mille drames mais offre de l'espérance, invite à la transformation, de tout et de tous pour un meilleur à venir.

NOS HERITAGES
(Albion)
Anna Hope
Traduit de l'anglais par Marguerite Capelle

éd. Gallimard, 2026 (v.o. 2025)

Cet article a été conçu et rédigé par Yassi Nasseri, fondatrice de Kimamori.

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