« L’intérêt de l’enfant »

L'intérêt de l'enfantLe titre original est plus explicite puisqu’il s’appelle « The Children Act », en référence à la loi qui a pour objet de défendre l’intérêt de l’enfant dans les conflits familiaux et autres cas où il revient à un magistrat de prendre la décision qui habituellement relève des parents et tuteurs. Le récit baigne dans l’univers juridique, et porte à nos yeux des décisions impossibles à prendre.  Nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre à des situations qui dépassent l’entendement, à des dénouements qui nous laissent abasourdis. Mais sommes-nous réellement attentifs, dans notre quotidien, à la chose essentielle qui se déroule sous nos yeux et qui requiert notre présence, notre disponibilité ? Je ne le sais pas. Ian McEwan ne le sait pas non plus. Mais il s’interroge… Et pour ce faire nous raconte une histoire, celle de la vie d’une femme magistrat remarquable, dévouée, intelligente et intransigeante. Et cette femme, va-t-elle s’interroger aussi? Lire la suite

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La rêverie

Pour faire une prairie, prenez un trèfle et une abeille
Un seul trèfle, une seule abeille.
Et  de la rêverie.
Mais la rêverie seule suffira,
Si les abeilles se font rares.
Emily Dickinson

Jean TinguelyJean Tinguely Lire la suite

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Tant d’encre versée

Les Vies de papier2Je suis tombée sur une citation de l’écrivain George Saunders ce matin qui disait « Dans le domaine de l’art, et d’une manière générale peut-être,  l’idée est d’être capable de se sentir à l’aise avec des choses contradictoires ». Comme dirait mon éternel livre de chevet (le Yi Jing) « l’eau et le feu ne se combattent pas ». Eh bien la beauté de ce livre, que j’ai adoré, est qu’il nous invite à cela. Comprendre qu’il faut dépasser les compréhensions basiques de la vie, de son sens, du bon, du mauvais. En l’espace de 48 heures de la vie d’une femme nous allons parcourir une série d’événements insensés, parfois grotesques, souvent drôles, tout aussi souvent tragiques et jamais nous ne pourrons juger. S’émouvoir, ressentir, rire, pleurer, oui, labelliser, non ! Parce que la vie est plus vaste. Parce qu’on ne peut pas la réduire avec des raisonnements et explications qui se tiennent rationnellement. Naturellement le récit est en même temps une promenade littéraire contenant mille références et citations. Tout est là, dit dans la littérature, de mille façons différentes ! Lire la suite

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Coup de cœur film du mois : « Lunchbox »

LunchboxLes livres posent mille images dans notre imaginaire, les films à leur tour nous baignent parfois dans une poésie au-delà des mots. Quoi de plus naturel, alors, que Kimamori fasse une revue de film, aux côté des contes qu’elle vous restitue, des poèmes qu’elle porte à votre regard ?… Ce film, Lunchbox, a croisé mon chemin parce que plusieurs amies m’en ont parlé, des lectrices qui ont peut-être la même sensibilité que moi. Car oui, à chaque occasion nous parlions de livres lus, et leur saveur nous a orienté vers Lunchbox ! En l’espace de quelques semaines on m’a recommandé quatre ou cinq fois ce même film. Alors j’ai voulu le voir, et n’ai pas déçue. Lire la suite

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Club de Lecture du 22 avril

David Schluss ChorusLe dernier Club de Lecture commence à dater maintenant (le prochain ayant lieu dans une petite semaine) et ce n’est qu’aujourd’hui que je vous envoie le tracé de son déroulement.. Ce n’est pas faute d’avoir partagé un merveilleux moment en votre compagnie pourtant ! Mais certains d’entre vous le savent, mes changements de vie récents et le projet exigeant qui m’occupe ont eu raison de mon temps et de ma disponibilité d’esprit…

Alors, que furent les saveurs et contenus de notre dernière réunion ?! Nous étions en plus petit comité pour une fois et cela a eu son charme. Celles d’entre nous qui n’étaient pas venues avec un livre à présenter ont eu l’occasion de nous faire part de belles lectures, en lien avec les livres qui étaient présentés. Angelo BonelloEt surtout, contre toute attente, le Club de Lecture s’est transformé en une chose nouvelle : une revue de films s’est insérée dans notre discussion. Car oui, si les livres imprègnent notre imaginaire, ce dernier peut les entrelacer avec l’atmosphère de beaux films que nous avons vus, qui nous ont touchés et marqués tout aussi profondément ! Lire la suite

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Sur les traces de l’enfance

La maison où je suis mort autrefoisUn polar qui se lit d’une traite, c’est formidable, mais quand il n’y a pas d’action narrée c’est encore plus extraordinaire ! L’intrigue se déroule dans une maison, et les deux personnes qui s’y trouvent sont les seuls personnages du livre… Seulement voilà, la maison et l’esprit de nos protagonistes sont hantés par les morts qui les habitent depuis bien longtemps. Si ce roman était adapté au cinéma il aurait probablement une saveur d’épouvante. J’avoue d’ailleurs que j’ai traversé une bonne cinquantaine de pages du livre le sang glacé face au film d’horreur que mon imaginaire faisait défiler sur les murs de ma maison !!! En réalité le livre est une grande réussite littéraire et dans ma bibliothèque je le rangerais bien avec les livres de psychologie et sciences humaines. En résolvant l’énigme du récit nous explorons nos propres énigmes. Délivrés lors du dénouement nous sommes aussi bien libérés que sous le choc de la libération. Eh oui, Keigo Higashino mérite largement le Prix Polar International de Cognac remporté avec ce livre en 2010. De mon côté je vous le recommande sans hésiter. Lire la suite

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On ne saura jamais…

La terre qui les sépare Hisham MatarComme c’est difficile de ranger ce livre dans une catégorie. Récit de voyage, essai philosophique, biographie, documentaire historique, promenade littéraire, autobiographie… La Terre qui les sépare est tout cela à la fois. Si c’était une musique ce serait une nocturne. Si c’était un thème, ce serait tout simplement la quête de sens, le fil du récit se traçant de manière spiralaire, se dirigeant vers un centre imaginaire impossible à atteindre. Hisham Matar est à la recherche de son père, kidnappé en 1990 en Egypte et livré aux autorités Libyennes  du régime Khadafi. Il a été incarcéré dans la prison la plus inhumaine du pays. Et puis l’on a perdu toute trace de lui. Au moment du printemps arabe, en 2011, l’auteur retourne dans son pays d’origine après 33 ans d’absence. Et puis il raconte… Lire la suite

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Une page se tourne

Le dimanche des mères Graham SwiftEst-ce qu’une vie peut basculer en quelques heures, surtout en emportant dans son tourbillon un monde révolu ?! Et cela peut-il se produire sans que ce soit visible, sans que personne ne le réalise ?… Mais oui, c’est une « transition »! Quelque chose change dans le coeur du monde, et ce quelque chose pose son empreinte dans une vie qui elle-même va prendre une tournure différente. Graham Swift nous livre avec brio cette novella (roman bref ou nouvelle longue) où l’intrigue se déroule en une demi-journée. Mais force est de constater qu’en ce rien de temps il parvient à peindre l’évolution d’un siècle entier. Nous traversons l’époque victorienne en Angleterre, regardons ses cendres s’envoler dans la nature et apprécions l’arrivée d’une mentalité et d’un mode de vivre contemporain qui remplacera inévitablement les conventions anciennes. L’histoire, elle, parcourt les derniers heures qu’une domestique va partager avec son amant qui n’est autre que le fils du maître des lieux. Lire la suite

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Club de lecture à Porto-Vecchio

Nous vous proposons un rendez-vous tous les mois
à la bibliothèque de Porto-Vecchio.
Vous êtes les bienvenus avec ou sans livre à partager !

 cl1

Samedi 24 juin 2017
de 10h à 12 h

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Club de Lecture : La petite fille de Monsieur Linh

La petite fille de Monsieur LinhCet article a été conçu et rédigé par Florence Vizet suite au Club de Lecture du 22 avril 2017.

Monsieur Linh doit quitter son pays, le Vietnam, frappé par la guerre et les bombardements. Il prend le bateau avec seulement une valise légère et sa petite fille nouveau née dans les bras. Lire la suite

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La saveur des émotions

Le restaurant de l'amour retrouvéLa vie est bien riche en émotions qui elles-mêmes se déclinent en mille nuances de couleur et d’intensité. Mais lorsqu’on a perdu le goût des choses on a tout comme oublié ces déclinaisons. Et si la saveur des aliments et des mets préparés avec amour pouvait faire retrouver l’appétit de la vie ?… C’est cela que nous raconte ce livre, merveilleusement, délicieusement. A chaque page il nous expose un nouveau plaisir offert au palais. La bouche salive, l’âme s’envole, et le bonheur s’éveille. Tout cela par la grâce d’une préparation culinaire.

Louis Toffoli

Un jour, en rentrant chez elle, Rinko constate qu’elle a tout perdu : son compagnon de vie, ses économies, ses meubles, ses ustensiles de cuisine, absolument tout. Elle quitte la ville et retourne dans son village natal. Le choc causé par la perte inattendue de tout ce qui constituait sa vie lui a fait perdre la voix. Elle n’a plus rien, elle ne peut plus prononcer un mot, mais elle sait faire la cuisine… Lire la suite

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La jeunesse demande un avenir

Amos Oz JudasAmos Oz est un grand écrivain, sans conteste. Mais c’est aussi un homme sage et juste. Si l’on réunit ces deux éléments on comprend très vite que ses livres œuvrent pour l’humanité… Et c’est bien le cas de ce « Judas » qui vient d’être nominé pour le Man Booker Prize International 2017. Le livre n’est pas très rose, ni noir non plus, mais attachant et intelligent. Il raconte l’Israël des années 50 et questionne l’avenir de cet Etat. Il retrace l’Histoire et nous la rend palpable, accessible.

Un jeune homme brillant, plein d’élan, aussi sensible que gauche, aussi introverti que naïf essuie simultanément une double déception. Isabelle ViennoisSon amie le quitte pour se marier avec un autre, et ses parents rencontrent des difficultés financières qui les empêchent de continuer à soutenir financièrement leur fils. Notre jeune homme quitte donc l’Université Lire la suite

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Club de Lecture : La promesse de l’aube

la promesse de l'aubeCet article fait suite à notre Club de lecture du 22 mars. Il a été rédigé et conçu par Florence Vizet.

Aviateur, compagnon de la Libération, diplomate, l’écrivain Romain Gary avait de multiples visages. Né Roman Kacew à Vilnius en Lituanie en 1914 d’une famille juive, il est l’auteur de nombreux romans a succès, mais il en écrivit également d’autres sous le pseudonyme Emile Ajar. Il fut ainsi le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, en 1956 pour Les Racines du ciel, puis en 1975 pour La Vie devant soi. La « supercherie » ne sera mise au jour qu’à la mort tragique de l’écrivain. Il a également écrit sous les noms de Lucien Brûlard, Fosco Sinibaldi ou encore Shatan Bogat.

Dans ce livre autobiographique La promesse de l’aube, il dépeint avec  humour et drôlerie son enfance et son adolescence, en Lituanie puis en France à Nice, et son amour et ses rapports avec sa mère, Lire la suite

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Notre Club de Lecture du 18 février 2017

Chers amis lecteurs de Porto-Vecchio,

Ce fut un immense plaisir de se réunir ensemble autour d’un café et dans la douce ambiance feutrée de la bibliothèque de Porto-Vecchio pour parler livres samedi dernier. Comme convenu nous avons rédigé ces quelques mots dans l’idée de faire revivre en nos esprits ce beau moment partagé et pour vous offrir les articles que nous avons rédigés sur les livres présentés.

Nous avons ouvert la matinée en nous inspirant de la pensée de Jumpa Lahiri,  écrivaine américaine d’origine indienne qui a obtenu les prix littéraires anglophones les plus pour ses romans et recueils de nouvelles. Il y a quelque temps elle était partie s’installer en Italie parce qu’elle souhaitait épouser la langue du pays. Et durant ce temps elle a écrit un livre en italien!
Elle est rentrée aux Etats-Unis ce mois-ci et un journaliste l’a interviewée sur son retour, sur les différences qu’elle constatait entre la vie en Italie et celle aux Etats-Unis.
« Ici aux Etats-Unis lorsque vous croisez quelqu’un il vous parle de ce qu’il fait. En quelque sorte les gens se déballent leurs CVs en se rencontrant. Alors qu’en Italie quand vous échangez avec quelqu’un vous dites d’autres choses… »
Christian Lloveras« Je préfère apprendre quelque chose qui va m’accompagner. Comment dire? Parlez-moi de quelque chose que je ne connais pas. Parlez-moi d’un musicien dont je n’ai jamais entendu parler. Parlez-moi d’un poète que je devrais lire. Dites-moi quelque chose du monde, d’une situation que quelqu’un pourrait me décrire dans le détail… Je trouve cela plus stimulant, ou précieux, et certainement plus intéressant ».

Eh bien c’est cela que nous avions le désir de faire : parler de ces choses qui nourrissent l’âme, qui nous font grandir et qui peuvent créer un lien entre nous. Lire la suite

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Un plongeon dans les viscères flamands

Calcaire Caroline de MulderBien plus qu’un polar Calcaire est un roman noir. Il s’ébroue du sombre et des fonds enterrés, il se plonge dans les sédiments de la société belge flamande. L’écriture même est faite d’un miasme d’argot inventif et de tournures sèches et explosives qui hument le sulfureux et la crasse enfouie dans cette terre silencieuse mais détonante malgré tout. La justice et la beauté sont pourtant les cadeaux que nous offrent l’auteur dans la finale de cette histoire rocailleuse ! Lire la suite

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