Amsterdam par ses librairies

Découvrir une nouvelle librairie est toujours un grand bonheur. Mais il est une autre promenade – découverte plus enchanteresse encore : celle de découvrir une ville par ses librairies ! Amsterdam de son côté est une ville riche d’inspiration. Et cela faisait dix-huit ans que je n’avais posé les pieds dans ses ruelles, ni ne m’étais laissé prendre par le vertige de ses constructions légèrement penchées, chacune à son gré, le nez vers le canal… Puisque aujourd’hui mon souffle s’abreuve de l’âme circulant dans les librairies, j’ai décidé de me laisser enlacer par l’Amsterdam de ses librairies. Mon bonheur fut grand et je vais tenter de vous insuffler son suc, ou tout de moins quelques pépites récoltées ici et là. Car oui, vous pourrez venir dans cette ville pour cette seule et unique raison de déambuler chez les tendres et aimables maisons de livres qui vous accueilleront à bras grand ouverts… Lire la suite

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Club de lecture du 15 décembre 2017

Nous avions avancé la date du précédent club de lecture au 15 décembre en raison des fêtes de fin d’année et avons été bien heureuses de constater que nos réunions en « petit comité » s’étaient désormais élargies ! C’était merveilleux aussi de revoir France, de passage en Corse, qui, encore une fois, était venue avec de belles lectures à partager avec nous.

Après quelques échanges et dégustations chocolatées façon pré-Noël nous avons ouvert la session autour du discours Nobel de Kazuo Ishiguro qui avait beaucoup touché Yassi. En racontant son histoire et les tournants de sa vie d’écrivain Ishiguro avait su proposer une vision pénétrante du travail littéraire. Son discours nous permettait de comprendre par ailleurs pourquoi un Bob Dylan avait sa place parmi les heureux Nobel de littérature. Marie nous rappelait comme sa nomination avait en effet été décriée par le monde des lettres l’année dernière. Et puis, en toute simplicité et avec une grande humilité Ishiguro disait dans son discours qu’il perdait pied dans le monde actuel et face aux récents événements de 2016. Mais il maintenait sa conviction dans l’importance de la littérature, nous encourageait à ouvrir nos horizons et à accepter d’accueillir les nouvelles formes et les nouveaux genres que la jeune génération aurait à nous faire connaître. Il terminait son discours sur cette phrase :

En des temps où les divisions ne cessent de prendre dangereusement de l’ampleur, nous devons écouter. Écritures de qualité et lectures de qualité feront tomber les barrières. Nous risquons même de trouver une idée neuve, une grande vision humaine qui aura la force de faire cause commune. »

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Un peu de techno-humanisme ?!

Je ne sais pas dans quel genre on devrait répertorier ce livre, tant il relève de tous les genres. C’est un thriller, futuriste, fantastique, philosophique, initiatique ! Et j’en passe ; mais c’est surtout un pur plaisir de lecture. « Des larmes sous la pluie » ne semble pas être caractéristique des écrits de Rosa Montero, moins fantastiques et polar dans leur ensemble, mais la profondeur de la pensée et de l’analyse de la société qui résonnent dans ce roman m’a donné envie de lire tous ses autres livres. Je vous invite à en faire autant : entrer dans l’oeuvre de cette écrivaine espagnole, par ailleurs journaliste au quotidien El Pais. Dans ce livre nous sommes plongés dans une réflexion sur « l’Autre », mis en scène sous de multiples formes, dont les habitants d’autres planètes, les « réplicants » – des simili humains créés par la main de l’homme – ou des humains transformés en panneaux publicitaires, qui se côtoient désormais sur Terre. La mort, l’amour, la communication et bien d’autres grands thèmes sont merveilleusement abordés et traités ici. Lire la suite

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Restera là-haut…

Comment définir un homme de montagne, si l’on n’est pas soi-même cette chose-là ? Moi qui aime tant la montagne, ce qu’elle symbolise, ce qu’elle dégage et offre, j’ai eu grand plaisir à me plonger dans ce livre et me laisser porter lentement, au fil des mots. Car oui, Paolo Cognetti parle très bien de la montagne, de l’homme qui aime la montagne, ainsi que de l’homme qui sait vivre en montagne. Je ne sais si l’histoire narrée est autobiographique, mais intimiste, elle l’est, envoûtante aussi – et pourtant, si simple. C’est une histoire d’amitié, d’amour, d’abandon et de retrouvailles… une histoire de la vie, en somme, qui n’a pas besoin de se raconter mais simplement d’être partagée. Lire la suite

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Quand la musique nous porte loin

Hari Kunzru est un écrivain et journaliste largement connu dans le monde anglo-saxon mais également très traduit dans le monde. J’avais lu son Dieu sans les hommes qui avait tant fait parler de lui aux Etats-Unis et en Angleterre à sa sortie en 2011. J’avais été plus qu’intriguée. Ce nouveau roman, Larmes blanches, est plus facile à aborder, peut-être parce qu’il suit une structure linéaire et chronologique et se cantonne à un seul et même narrateur, mais il nous réserve malgré tout bien des surprises ! Un ou deux mois après l’avoir lu j’ai commencé à réaliser ce que sa lecture avait posé en moi. Cette drôle d’histoire m’en avait plus appris, ou dit, que bien des livres lus sur l’esclavage et la condition des noirs américains… sans en avoir l’air. Alors, oui, je vous le conseille en espérant qu’il parviendra à vous hanter comme il a l’a fait avec moi : secrètement et discrètement. Le livre sort dans sa traduction française dans moins d’un mois, en janvier 2018. Lire la suite

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La grande bassesse

Hanif Kureishi est une grande figure des arts et lettres de l’Angleterre contemporain. Il n’est pour ainsi dire pas de grandes distinctions qu’il n’ait reçu à ce jour, au titre desquels celles de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres ou Commander of the Order of the British Empire. Il est écrivain, scénariste, dramaturge… Je ne pense pas que ce livre reflète les thématiques qui lui sont habituelles mais il n’y a peut-être pas d’entrée unique pour aborder son oeuvre. Et pour ma part j’y aurai mis les pieds par cet « Air de rien », de son titre original littéral « Le Rien » !

Eh oui, versons un rien de luxure, ajoutons-y un rien de manipulation, complétons en agrémentant d’un rien de trahison, saupoudrons un rien de détresse et pour l’assaisonnement final chacun selon ses goûts optera pour un rien de jalousie ou de vilenie ou d’insanité mentale. Nous obtiendrons alors ce grand rien qui est synonyme de désir absolu de pouvoir mais également synonyme d’impuissance totale ! Et voici ce qui est mis en scène dans ce livre fin et léger d’à peine deux cent pages. C’est plein d’humour, mais est-ce vraiment drôle ?! Lire la suite

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Outillage de paix

J’ai lu presque tous les livres de cette écrivaine. Et le presque vient du fait que j’ai « raté » la sortie de l’avant-dernier mais je vais y remédier très vite ! Enseignante en histoire de l’art, elle peut désormais se consacrer intégralement à l’écriture. Mais dès son premier roman elle avait su insérer du beau dans ses mots, dans ses récits, dans le coeur de ses personnages et dans leurs rencontres sans que toute cette douceur et élan dynamique ne se traduise en niaiserie. Car oui, elle met en scène la vie, elle invente de la joie là où se niche la tristesse, crée de la magie et de l’espoir là où tout n’est qu’obscurité et passé. Le lecteur s’amuse en la lisant, s’enchante, et accepte d’être enjoué au lieu de se morfondre. Ce dernier livre, Ör, ne fait pas exception à la règle mais cette fois le personnage principe est un homme ; un taiseux, un bricoleur, un drôle de stable ! Lire la suite

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Club de Lecture du 24 novembre 2017

Ce club de lecture fut riche d’émotion et aussi d’indignation, aux fils desquels nous avons entrelacé douceur et poésie par la force de cette alchimie qui désormais s’invente dans notre cercle d’une réunion à l’autre !

Un rapide tour d’horizon des différents prix littéraires de la rentrée s’avérait nécessaire puisqu’ils avaient tous été discernés en novembre. Hormis L’Art de perdre d’Alice Zeniter (Prix Goncourt des Lycéens) et Tiens ferme ta couronne de Yannick Haenel (Prix Médecis), les autre livres primés avaient été lus par les membres de notre assemblée. Nous avons trouvé que pour une fois les jurés avaient primé de bons livres et des écrivains talentueux. Bien entendu nous avons noté que désormais la maison de Madame Nyssen faisait partie des « grandes » maisons d’édition, retenue pour la quatrième fois pour un Goncourt (Eric Vuillard cette année après Mathias Enard, Jérôme Ferrari et Laurent Gaudé). Mais puisque cet éditeur réunit et publie d’excellents écrivains notre polémique fut brève !

Nous avons alors ouvert notre revue de livres sur quelques mots de Marguerite Duras. Malgré un bref cafouillage technologique nous avons pu écouter sa voix fluide, fleurie d’une teinte caustique, nous dire :

On pose toujours aux écrivains des questions auxquelles ils répondent très difficilement. On demande pourquoi ils écrivent. Mais les écrivains pourraient demander aussi pourquoi les autres n’écrivent pas…

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Qui survivra verra…

Quelle jolie dystopie ! Eh oui, Jenni Fagan, écrivain écossais, a écrit un livre d’une grande poésie, riche de subtilité, d’humour, de finesse et de tendresse. Mais c’est bien une dystopie et l’extraordinaire et le hors normes y ont leur place, privilégiée… C’est beau et étrange, intime et très imaginaire. Ça se dévore, d’une lecture lente.

Nous sommes dans un futur très lointain où, dû au réchauffement climatique, les glaces ont fondu, où les iceberg dérivent vers l’Europe et où désormais l’hivers épouse les moins cinquante (-50°C) degrés Celsius. Et notre écrivaine, dotée d’humour, situe ce futur lointain en 2021. Pour le reste le monde ressemble à celui que nous connaissons, une planète avec des êtres humains : des hommes, des femmes et des trans-genres. Lire la suite

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Transgressions et transformations

Un bon polar est en général bien plus que juste un polar. C’est souvent la retranscription d’un monde, d’un univers existant quelque part sur la planète et l’atmosphère qui l’accompagne. Avec Natsuo Kirino nous sommes dans le Japon de la bienséance et de la réussite… Si ce n’est qu’ici c’est l’envers du décor qui est dessiné. Que se passe-t-il lorsqu’on cherche à sortir de sa condition, de son statut, de sa ville natale. Fugue, adultère, séparations, où mènent-ils ? Dans ce roman savamment noir bien-sûr ! Lire la suite

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Vivre c’est comment ?!

Les livres poignants et drôles qui savent nous raconter mille souffrances en nous faisant rire et en nous abreuvant de traits d’esprit, ça ne court pas les rues. (Et les rues sont bien peuplées !). C’est pourtant une promesse que tient Viet Thanh Nguyen. Le Sympathisant est fin, créatif, hors normes tout en nous parlant de sujets mille fois vus, mille fois lus : la guerre, le Vietnam, l’exil, la double identité. Or ici la double identité est poussée à son extrême : le narrateur est un agent double, déchiré et solide comme personne ! Ce livre a remporté bien des prix littéraires, et parmi les plus renommés… sincèrement, il le mérite. Lire la suite

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Le Prix Neustadt 2017

Le Prix Neustadt, vous connaissez ? C’est le Nobel américain de littérature qui a été décerné par exemple à Mia Couto en 2014, à Rohinton Mistry en 2012, ou à Octavio Paz en 1982 et à Francis Ponge en 1974.
Ils ont fait l’annonce du lauréat 2017 hier soir, c’est l’écrivaine américaine d’origine haïtienne Edwige Danticat qui remporte le prix.
Je vous laisse consulter cette page, http://ile-en-ile.org/danticat/, qui la présente brièvement et liste ses écrits (essais, nouvelles, romans, littérature jeunesse…) dont certains sont traduits en français. Lire la suite

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Démettre l’élève

J’ai été bien surprise par cette dernière parution de l’écrivaine sarde Michela Murgia. Autant vous dire qu’il ne ressemble en rien à ses romans précédents si ce n’est qu’il est aussi réussi que les autres ! Nous sortons ici des petits villages sardes côtoyés dans Accabadora et La Guerre des Saints. Tout comme la narratrice nous quittons le passé traditionnel pour rentrer ici dans un mode de vie plus moderne, et très actuel. Le récit traite de la manipulation. Avec intelligence, avec délicatesse Michela Murgia nous permet de regarder l’homme, la femme, dans leur réalité. Sans rien diaboliser, sans rien négliger elle nous emporte dans une quête autre : comment parvenir à s’aimer soi-même… Lire la suite

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Club de Lecture du 27 octobre 2017

Pour cette deuxième rencontre de la saison nous étions heureux de revoir Marie-Hélène parmi nous, accompagnée de sa petite fille qui a, en quelque sorte, assisté à notre club de lecture et que nous espérons revoir ! Marie-Hélène n’a pas eu l’occasion de nous parler de ses lectures en cours et nous en fera part peut-être à son retour en Corse au printemps, néanmoins, en partant elle nous a soufflé leurs noms : La Montagne de l’âme de Gao Xingjian et De Venise à Venise (titre original Dorsoduro) de Pier Maria Pasinetti. Le premier est le sublime récit poétique de l’écrivain chinois Prix Nobel de Littérature 2000, le deuxième aurait des saveurs de « Proust italien » nous a dit Marie-Hélène.

Mais reprenons la réunion à son début.

Nous avons ouvert le club de lecture sur les mots de Patrick Modiano qui en réponse à la question « Pourriez-vous vivre sans écrire? » a répondu « Vous savez, c’est comme quand vous voyez un tableau accroché au mur qui est de travers… vous avez besoin de le remettre droit. Eh bien pour moi, écrire, c’est un peu la même chose, ça me permet de ré-équilibrer les choses ». Nous sommes bien heureux de savoir qu’il va continuer d’écrire et d’ailleurs il publie en cette rentrée deux textes : une pièce de théâtre, Nos débuts dans la vie, et un récit bien modianesque, Souvenirs dormants.

Quant à nous, pourrions-nous vivre sans lire ?! Pour le moment nous continuons à redresser le tableau à notre façon !… Lire la suite

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Congo

Cet article a été rédigé par Florence Vizet suite au club de lecture du 24 novembre 2017

15 novembre 1884 : tous les chefs d’état européens et spécialistes se réunissent à Berlin au palais Radziwill pour créer le Congo.

Tous ces » grands hommes » et experts en fracs sont croqués par Vuillard, évoquant pour chacun son histoire et son action dans cette ignoble partage de l’Afrique: Chodron de Courcel, responsable des études à la BNP, Malet qui vante le libre échange à sens unique , Léopold roi des belges, qui se crée ainsi une propriété tellement plus grande et lucrative que son petit pays, Stanley qui doit rendre accessible le bassin du Congo, Leon Fievez qui « coupe les mains » … 

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