Club de lecture à Porto-Vecchio

Nous vous proposons un rendez-vous tous les mois
à la bibliothèque de Porto-Vecchio.
Vous êtes les bienvenus avec ou sans livre à partager !

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Samedi 18 Mars 2017
de 10h à 12 h

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Un plongeon dans les viscères flamands

Calcaire Caroline de MulderBien plus qu’un polar Calcaire est un roman noir. Il s’ébroue du sombre et des fonds enterrés, il se plonge dans les sédiments de la société belge flamande. L’écriture même est faite d’un miasme d’argot inventif et de tournures sèches et explosives qui hument le sulfureux et la crasse enfouie dans cette terre silencieuse mais détonante malgré tout. La justice et la beauté sont pourtant les cadeaux que nous offrent l’auteur dans la finale de cette histoire rocailleuse ! Lire la suite

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La Liberté est dans la démarche

The Underground RailroadUn Homme s’appartient-il ? Peut-il sortir de la servitude ? Et qu’est-ce donc être Libre ? Voilà de bien grandes questions. Pour aborder ces thèmes il suffit peut-être de se pencher sur la réalité de l’esclavage stricto sensu. D’ailleurs pour comprendre la direction que prennent les événements politiques actuels aux Etats-Unis il n’est pas inintéressant de se plonger dans le passé de ce pays, et de regarder à la loupe ce qui s’y vivait du temps des plantations de coton… C’est cela qu’a décidé de faire Colson Whitehead et grand bien l’en prit puisque sous sa plume prit naissance ainsi un livre excellent qui vient de remporter le plus beau prix littéraire américain, le National Book Award 2016 dans la catégorie fiction.

Le rideau se lève en Géorgie où Cora, jeune esclave noire âgée de dix-huit ans s’échine dans une plantation de coton et s’applique à contrer les cruautés de la vie quotidienne infligées par les régisseurs et patrons, relayées par les esclaves entre eux. Céline RoussinSa mère a fui et n’a jamais été retrouvée et rapatriée, sa grand-mère, elle, était née en Afrique avant de se laisser prendre dans les filets de l’homme blanc. Jeune femme de caractère et déterminée à ne laisser personne briser son âme, elle fait une rencontre qui modifiera à jamais le cours de sa vie. Lire la suite

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Prendre la tangente végétale

La VégétarienneSait-on ce qui pousse à devenir végétarien ? Han Kang, écrivaine de Corée du Sud fait une projection intéressante ici sur le sujet. Elle a remporté le Man Booker Prize International 2016, un des prix littéraires anglophones les plus prestigieux avec son livre. Notons qu’elle a partagé son prix littéraire avec la traductrice de son livre en anglais, Deborah Smith. Traduite dans le monde entier, elle a voyagé jusqu’en Argentine pour rencontrer ses lecteurs, interloqués par ce récit tant dérangeant que beau, qui se lit vite mais se digère lentement. Le livre compte moins de deux cent pages. Il est organisé en trois parties ; chacune est centrée sur un personnage différent mais l’ensemble trace de façon chronologique l’aventure de Yeong-Hye, une jeune femme mariée et dans sa trentaine, qui rejette du jour au lendemain toute nourriture animale et s’efforce non pas seulement de devenir végétarienne, mais si possible de se transformer en végétal. Lire la suite

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Les visages de l’Amour

L'amant japonaisComme c’est bon de lire parfois un livre parfait, un écrit qui s’apparente à un classique dans sa maîtrise d’une narration et d’une structure fluides comme l’eau de la rivière qui coule paisiblement. C’est cela que nous offre Isabel Allende dans ce livre, bien différent de ceux qu’elle a écrit auparavant et qui étaient souvent axés sur le Chili. Elle nous raconte ici l’histoire d’une vie. Une vie qui embrasse celle des êtres qui lui insufflent son âme toute particulière, celle de l’Amour pur, fort, bienveillant et inconditionnel. Mais l’Amour dans ce livre est conjugué à toutes les personnes, l’ami, le frère, le mari, l’amant, le père, l’inconnu… Oui, l’Amour peut prendre de multiples visages, mais une vie d’amour n’a qu’une seule face, celle de la Beauté.

Comment vous raconter les branches de ce récit alors que c’est l’arbre et ses racines qui importent ?! Lire la suite

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Quand ça dépasse les bords

crue_philippe-forestJ’ai lu ce livre il y a quelque temps déjà. J’ai aimé le lire mais je ne voyais pas comment vous en parler. Or ces derniers temps avec les intempéries répétées que nous avons eues en Corse du Sud j’ai vécu des crues. L’eau qui monte, la rivière qui sort de son nid, la nature qui reprend ses droits et se moque des arrangements bâtis de main d’hommes. Ainsi la route que je prends tous les matins voyait une rivière se former et la couper dans une perpendiculaire parfaite. Dans ma voiture, je me trouvais là, sur mon chemin, mais le flot d’eau plus vivant que tout alentour me disait, mais non, tu n’iras pas par là, et si tu allais, ce serait sans garantie de retour… Voilà pourquoi maintenant je peux tenter de trouver mes mots pour vous parler du dernier livre de Philippe Forest, qui se nomme « Crue »! C’est un livre que l’on lit sans savoir où il va nous mener, ou plutôt en sachant parfaitement qu’il ne va nous mener nulle part. Le contrat est là : lire pour le seul bienfait de lire, pour le seul plaisir de se laisser tenir la main par une phrase belle, profonde, éperdue, jusque la phrase suivante et ainsi de suite jusqu’au point final. Avant d’aborder le contenu du récit ou la tendresse que j’éprouve pour les écrits de Philippe Forest, j’aime mieux vous plonger dans son texte, un bref extrait : Lire la suite

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L’énigme générationnel

la-fleur-de-lillusionJe ne suis plus une grande lectrice de polars. Autrefois j’en ai lu bon nombre et cela m’a valu le malheur d’apprendre à dénouer les énigmes bien trop tôt dans le récit. Mais j’aime encore savourer un polar de temps à autre, pour deux raisons. D’une part car seul un bon polar sait nous offrir un reportage détaillé et photographique d’un lieu géographique, qu’il s’agisse d’une région, d’un quartier d’une grande ville ou d’une contrée peu connue. Et d’autre part parce que le polar est une étude sociologique menée de main de maître… On nous brosse donc un tableau fort réaliste et instructif cependant que nous sommes happés par l’intrigue haletante !!! Le Japon j’aime, son polar j’épouse donc. Sans compter que l’énigme ici tourne autour d’une fleur qui aurait existé autrefois dans sa teinte jaune et qui semble être réapparue dans cette couleur interdite. Aussi inoffensive que puisse paraître une fleur elle n’en cause pas moins des morts en cascade.  Lire la suite

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Authentiquement… trahi

La PortePour une fois je ne trouve pas mes mots pour qualifier un livre. ‘La Porte’ n’est pas un bon livre, ce n’est pas un excellent livre… C’est un Grand livre. En refermant le livre j’ai compris que j’avais été comme dynamitée de l’intérieur. J’ai suffoqué, j’aurais pu sangloter ; je n’ai fait que pleurer et j’ai happé ma respiration, comme un poisson qui avale des bulles d’air. Oui, le livre de Magda Szabo m’a donné cette chose essentielle que l’on recherche dans tout livre, une sorte de déflagration qui va nous rapprocher de la Vérité, qui va nous permettre de toucher la vie un bref instant, et se transformer alors. Devenir ce que l’on est, faire un pas vers ce que l’on a envie d’être, un Être, Humain, digne !

Publié pour la première fois dans sa version originale, hongroise, en 1987, il a été porté aux yeux du public francophone en 2003, année où il a remporté le Prix Femina étranger. Il vient de sortir en poche. Mais j’ai rencontré ce livre grâce au marché américain qui lui a redonné vie en 2015. Il a fait énormément parler de lui l’année dernière dans la presse littéraire américaine et je me suis étonnée d’être passée à côté de cette écrivaine hongroise, décédée en 2007. Je me suis empressée de commander l’écrit dans sa traduction anglaise. Et ô comme je ne le regrette pas ! Car c’est un livre qu’il faut lire. Lire la suite

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Un fil ténu

continuerC’est étrange que ce livre se nomme Continuer, parce qu’en réalité le projet est plutôt celui de Rompre. Rompre avec un quotidien inutile, rompre avec un soi assombri, perverti et souffrant, rompre avec une vie qui s’est détaché de l’essentiel… L’histoire est simple, le fil narratif aisé et plaisant à suivre. Peu de personnages peuplent le récit et rien n’est jamais de trop, car ce sont les rapports humains qui sont sur le devant de la scène, l’enjeu étant de rétablir une communication perdue et de retrouver la dignité.

Horse2Une mère fatiguée et traversant une forme de semi-dépression découvre que son fils adolescent vient de commettre une faute grave, délit répressible par la loi et simplement abjecte. La séparation avec son mari est encore fraîche et très vite elle comprend qu’elle ne peut pas compter sur son aide pour traverser cette phase difficile de remise sur selle de leur enfant. Elle décide de tout quitter, de miser ses maigres économies et le seul héritage dont elle dispose pour partir avec son fils au Kirghistan et traverser le pays à cheval. Lire la suite

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Grand coup de couteau dans le cordon ombilical !

celine-minard-le-grand-jeuCéline Minard a sorti le grand jeu, et ce n’est pas la première fois qu’elle procède de la sorte. A chaque nouveau livre elle se recrée et nous offre une chose nouvelle, inattendue et parfois, comme ici, surprenante. J’ai adoré ce livre mais c’est dû en grande partie au fait que j’ai lu le récit à la lueur de mes références de philosophie et de contes asiatiques. Je ne sais pas si le lecteur moins aguerri sera en mesure d’apprécier à sa juste valeur la magie de ce livre, mais je ne peux faire autrement que d’en parler et de partager avec vous le goût que j’ai pour l’aventure littéraire de cette écrivaine.

Wu ZhenLe récit peut être présenté très simplement : la narratrice quitte notre monde pour se percher au haut d’une falaise, dans une région inhabitée car bien peu avenante. Elle s’est fait construire une demeure à l’architecture révolutionnaire, une sorte de tube infaillible et très high-tech, entièrement autonome dans ses besoins énergétiques, accrochée à une paroi d’un massif montagneux. Lire la suite

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Le sens de l’insensé…

il-etait-une-fois-une-start-up-amariglioNous avons là un livre sublime qui avec simplicité et poésie nous éclaire sur les prémisses de ce monde dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. C’est ainsi que tout a commencé, me suis-je dit, régulièrement, alors que j’étais pénétrée par l’histoire contée. C’est une histoire vraie, et qui traite de l’Entreprise, des technologies de l’information, du monde financier, des capitaux investisseurs.
De jeunes diplômés d’une école d’ingénieurs se lancent dans la création d’une « start-up ». Ils sont gonflés d’idéaux, brillants dans leur domaine, dotés d’une énergie Cervantesque. Qu’adviendra-t-il de leur bébé nouveau-né, de cette société, de ces produits qu’ils vont créer, lorsqu’ils se mettront à surfer sur la vague des grands requins V.C. (« Venture Capitalists » ou capitaux investisseurs) ? Ils ne le savent pas encore. Mais nous, l’imaginons bien vite ! Eh oui, le livre se termine sur un « je ne comprends pas » du narrateur, qui est un des fondateurs de l’entreprise. Le lecteur, lui, a très bien compris. Le lecteur pourra même se dire  » je comprends maintenant pourquoi je ne comprends pas mon monde », cette ère du début du XXème siècle qui vogue dans un brouillard de monstres invisibles et laisse le premier rôle à d’autres monstres bien trop visibles mais incompréhensibles… Mais la morale de l’histoire est belle car on comprend assez vite qu’une seule chose compte : l’aventure humaine, et les amitiés qui l’embellissent, rendent les moments éprouvants dignes d’être vécus. Lire la suite

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Une drôle de famille !

sens-dessus-dessousLes écrivaines sardes me touchent, et Milena Agus plus que toute autre… Elle écrit peut-être toujours un peu le même livre, mais si les moments de vie délicieux sont toujours aussi bienvenus dans notre quotidien, les livres savoureux le sont aussi tout autant. Alors chaque nouveau livre de Milena Agus est un événement que j’accueille avec une joie profonde. Si vous n’avez lu aucun livre d’elle, je vous conseille de commencer par « Mal de pierres« , d’ailleurs ce livre est adapté au cinéma et est à l’écran actuellement…

Et « Sens dessus dessous », que raconte-t-il ? La vie des habitants d’un immeuble à Cagliari. Le sens du bonheur, de l’amour et de la légèreté envers et contre tout ! Mais aussi l’histoire de petits êtres merveilleux qui Lire la suite

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