Prix littéraires français 2018

L'effervescence de la rentrée littéraire oblige, nous suivons les annonces des prix... Cette année mon engouement a été limité pour ces annonces, mais, malgré tout, j'ai eu quelques surprises, et ai été ravie de certains résultats ! Tous les prix annoncés cette semaine sont détaillés dans cet article. La suite des annonces, la semaine prochaine, sera détaillée dans un article à venir.
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Le Prix Goncourt est vu comme le prix littéraire français le plus prestigieux, en France et à l'étranger. Pour cette raison même il nous déçoit souvent et s'attire les pires critiques. Cette année il est décerné à Nicolas Mathieu pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud). Je ne l'ai pas lu mais il est présenté comme une fresque politique et sociale, un roman d'apprentissage aussi. Notons que c'est la quatrième fois en six ans que le Goncourt est remis à un livre de la maison d'édition Actes Sud.

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Le Prix Renaudot est annoncé le même jour que le Goncourt. Historiquement, les initiateurs de ce prix, discutaient de leur roman favori justement en attendant la délibération du Goncourt dans un café !
À la surprise générale cette année il est décerné à un livre qui ne faisait pas partie des finalistes, de surcroît c'est un livre publié par une petite maison d'édition, Le Tripode. Le lauréat est Valérie Manteau pour "Le Sillon".

Notons que Le Tripode avait modifié son agenda éditorial au dernier moment cette année, prenant la décision de ne publier qu'un seul livre, l'heureux élu, à la place des autres prévus pour la rentrée littéraire. C'est Valérie Manteau qui est le lauréat, donc, pour son deuxième récit, Le Sillon. C'est un livre que j'avais fermement l'intention de lire. Je suis plutôt heureuse de le voir récompensé, et ravie aussi de voir le nom d'un petit éditeur dans la liste des prix de la rentrée.
Le Renaudot essai sera remis à Olivia de Lamberterie pour "Avec toutes mes sympathies" (Stock) qui nous parle de son frère, décédé en 2015. Le Renaudot poche va à "Dieu, Allah, moi et les autres" de Salim Bachi (Gallimard), excellent écrivain, à mon sens, pour le peu que j'ai lu de lui. Et un prix spécial est décerné cette année à Philippe Lançon pour Le Lambeau, lauréat par ailleurs du Prix Femina 2018.

Roman (récit)
Essai
Poche
Prix spécial
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Le Prix Médicis existe depuis 1958. Sur la page Wikipédia il est dit que ce prix était créé pour "couronner un roman, un récit, un recueil de nouvelles dont l'auteur débute ou n'a pas encore une notoriété correspondant à son talent. On ne peut pas dire que ce soit le cas du Lauréat cette année, ni des lauréats roman-étranger et essai, très acclamés et réputés dans leurs pays et domaines. Mais nous avions vu que le Goncourt avait été vertement critiqué pour ne pas retenir dans sa sélection "Idiotie" de Pierre Guyotat (Grasset). Le voici bien célébré par ce prix (et également par le prix spécial du Femina). Je n'ai entendu que de bonnes critiques de ce texte. "Cet Idiotie traite de mon entrée, jadis, dans l’âge adulte, entre ma dix-neuvième et ma vingt-deuxième année, de 1959 à 1962" dit son auteur.

Moi qui m'étais passionnée pour la sélection romans étrangers du Prix Médicis, me voilà bien déçue. Le seul livre qui me paraissait illisible (et qui ne m'intéressait pas) devient lauréat !
Rachel Kushner est très acclamée aux Etats-Unis, notamment pour son roman Les lance-flammes (que j'avais déjà eu du mal à lire...). Dans "Le Mars Club", traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter (Stock) c'est une maison pénitencière pour femmes et transgenres, et les histoires des détenues qui est racontée.
Le Médicis essai va au livre de Stefano Massini, dramaturge et auteur renommé italien, qui retrace l'épopée (ou l'anti-épopée) des frères Lehman (éditions Globe), fondateurs de la banque éponyme qui a fait faillite en 2008.

Roman français
Essai
Roman étranger
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La particularité du Femina est que, depuis sa création en 1904, son jury est exclusivement féminin. Ce n'est pas pour autant que les lauréats sont nécessairement des écrivaines. Cette année le Prix a décidé de récompenser Philippe Lançon pour son récit "Le Lambeau" (Gallimard). Texte littéraire incontestable, c'est aussi une histoire poignante qui est contée par un homme qui nous susurre le sens de la vie et de la sagesse, peut-être, lorsqu'on sort vivant, mais estropié, d'un événement dramatique. Rescapé du drame de Charlie Hebdo il raconte "l'après".

Les prix Femina essai et Femina étranger 2018 sont Gaspard de la nuit d'Elisabeth de Fontenay (Stock) où l'auteur nous raconte son frère handicapé, et La neuvième heure d'Alice McDermott, traduit de l'anglais par Cécil Arnaud (La Table Ronde) qui nous plonge dans la vie d'un couvent de Brooklyn, et le soin bénévole de malades.
Notons aussi qu'un prix spécial a été décerné à Idiotie, saluant l'intégralité de l'oeuvre de Pierre Guyotat (Grasset).

Roman français
Essai
Roman étranger
Prix spécial
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Depuis 1914 l'Académie Française remet ce prix au roman qui lui a paru le meilleur parmi les publications de l'année. C'est un roman historique qui remporte le prix cette année. Son auteur est historien de formation il est conseiller d’Etat, ancien secrétaire général de France Télévisions et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

L'été des quatre rois de Camille Pascal (Plon), lauréat 2018, raconte l’été 1830 quand quatre souverains se sont succédé sur le trône de France. Livre dense et érudit, il emmène son lecteur dans bien des horizons : au château de Saint-Cloud, aux Tuileries, à Paris, Courbevoie ou encore en Normandie, il convoque Stendhal, Chateaubriand, Dumas, Vigny et Hugo. On y croise Guizot, Talleyrand, le vieux Lafayette et le jeune Adolphe Thiers...

 
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Le Prix Décembre est probablement le prix le plus littéraire de l'hexagone. Il est également le plus généreux de par le joli montant remis au lauréat. Or, suite au décès de son mécène Pierre Bergé en 2017, tous étaient dans le flou quant au devenir du prix. Le paysagiste américain Madison Cox, héritier de Pierre Bergé, a malgré tout décidé d'allouer une somme honnête au Prix Décembre cette année qui serait peut-être dissous après cela.

Le lauréat 2018 est Michaël Ferrier pour son récit "Portrait d'un absent" (Gallimard, l'infini). Il y retrace l'histoire de son amitié de très longue date avec François, bien connu des critiques et journalistes français, mort par noyade avec sa petite fille. Michaël Ferrier est certes un écrivain à lire. Il vit au Japon et nous a livré des textes très sensibles (dont "Tokyo, petits portraits de l'aube" et "Fukushima") sur ce pays énigmatique où il réside.

 
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Le Prix de Flore ne date que de 1994. Mis en place par les adeptes de littérature et du Café de Flore, il offre, au-delà d'une récompense pécuniaire, un verre de Pouilly gravé au nom du lauréat. Ce dernier peut boire un verre de Pouilly gratuit dans le café, pendant un an. Ce prix récompense un jeune auteur, un premier roman, un texte prometteur.

Le Lauréat, cette année, est Raphaël Rupert pour son premier roman « Anatomie de l’amant de ma femme » (L’Arbre vengeur). On y lit les aventures cocasses d'un architecte sans projets qui a l'ambition de devenir écrivain.

 
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La semaine prochaine le restant des prix littéraires français fera son annonce, dont le Prix Interallié, le Prix Wepler, le Prix du Style et le très attendu et fiable Prix Goncourt des Lycéens. Kimamori y consacrera un article en guise de suite de ce récapitulatif. En attendant, vous trouverez tous ces livres ainsi que ceux des prix littéraires anglophones dans La Boutique de Kimamori. Les lauréats de cette semaine peuvent être commandés aussi ci-dessous.

Grand Prix du Roman de l'Académie Française

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