Les essais littéraires de Virginia Woolf, ses article et critiques littéraires, sont pour ainsi dire pas traduits en français. J'ai pris plaisir à lire et relire, puis traduire cet essai sublime. Vous pourrez écouter l'article lu sur le Podcast de Kimamori, épisode partagé le 17 septembre 2026 en cliquant sur le lien ci-dessous.
Avant tout, je tiens à souligner la note interrogative à la fin de mon titre. Quand bien même je pourrais répondre à cette question, la réponse ne s'appliquerait qu'à moi seule, et non pas à vous. Le seul conseil, en effet, qu'une personne peut donner à une autre sur la lecture est de ne pas rechercher de conseil, de suivre son propre instinct, d'employer son propre raisonnement, et d'atteindre ses propres conclusions. Si nous sommes d'accord sur ce premier point alors je peux exercer ma liberté et mettre en avant quelques idées et suggestions, parce que vous ne les autoriserez pas à entraver votre indépendance, qui est le bien le plus précieux d'un lecteur. Après tout, quelles règles pourraient régir le livre ? La bataille de Waterloo a été livrée à une certaine date, mais est-ce que Hamlet est une meilleure pièce que Le roi Lear ? Personne ne peut le dire. Chacun doit en décider par lui-même. Soumettre nos bibliothèques à des instances, même si elles sont sévèrement revêtues de toge et de fourrure, et les laisser nous dire comment lire, que lire, quelle valeur reconnaître à ce que nous lisons, équivaut à détruire l'esprit de liberté qui est le souffle de ces sanctuaires. En toutes autres matières il nous faut être régis par des lois et des conventions, mais ici nous n'en avons aucune.
Or pour jouir de notre liberté - pardonnez cette platitude - il nous faut faire preuve de maîtrise. Faire attention à ne pas gaspiller ses pouvoirs, désespérément ou inconsciemment, en éclaboussant la moitié de la maison juste pour arroser un seul rosier ; il nous faut les former, précisément et vigoureusement, là, sur le champ. Et voilà qui pourrait se révéler une des premières difficultés à affronter dans une bibliothèque. Que veut dire « sur le champ »? On pourrait avoir l'impression d'être face à une agglomération, un rassemblement inintelligible. Des poèmes et des romans, Histoire et biographies, des dictionnaires et des almanachs, des livres écrits en toutes langues par des hommes et des femmes de toutes dispositions, races et âges se bousculent sur l'étagère. Et au-delà des hi-han les femmes font des commérages à la pompe à eau, les poulains galopent dans les prés. Par quoi commencer ? Comment est-ce qu'on est censé mettre de l'ordre dans ce chaos innombrable pour retirer le plus immense et profond plaisir dans notre lecture ?
Mais un simple coup d’œil à la compagnie hétérogène sur l'étagère vous montrera que les auteurs sont rarement de « grands artistes » ; bien plus souvent un livre ne prétend absolument pas être une œuvre d'art du tout. Ces biographies et autobiographies, par exemple, les vies de grands hommes, d'hommes disparus et oubliés depuis longtemps, qui se tiennent tout contre les romans et les poèmes, devons-nous refuser de les lire parce qu'ils ne sont pas « de l'art » ? Ou devons-nous les lire mais les lire d'une autre manière, avec un but différent ? Devons-nous les lire pour essentiellement satisfaire cette curiosité qui s'empare de nous parfois quand dans l'après-midi nous traînons devant une maison où les lumières sont allumées et où les volets ne sont pas fermés, et où chaque étage de la maison nous montre une partie différente de la vie humaine en action ? Nous nous laissons consumer alors par la curiosité sur la vie de ces gens – les domestiques en plein commérage, les gentlemen en train de dîner, la jeune fille en train de s'habiller pour sortir, la vieille dame à la fenêtre qui tricote. Qui sont-ils, que sont-ils, quels sont leurs noms, leurs occupations, leurs pensées et leurs aventures ?
Les biographies et mémoires répondent à de telles question, illuminent d'innombrables maisons telles que celle-ci, elles montrent des personnes qui s’occupent de leurs affaires quotidiennes, travaillent dur, échouent, réussissent, mangent, haïssent, aiment, jusqu'à ce qu'ils meurent. Et parfois quand on est en train de regarder, la maison s'évapore et la rambarde en fer-forgé disparaît et nous avons pris la mer, nous sommes en train de chasser, de faire de la voile, de combattre ; nous sommes parmi des barbares et des soldats, nous prenons part à de grandes campagnes. Ou si nous préférons rester ici en Angleterre, à Londres, encore une fois la scène se transforme, la rue se rétrécit, la maison devient petite, exiguë, avec des fenêtres en losange, et malodorante. Nous voyons un poète, Donne, tiré d'une telle maison parce que les murs étaient si fins que quand les enfants criaient leur voix traversait les murs. Nous pouvons le suivre, le long des chemins qui résident dans les pages du livre, jusqu'à Twickenham, jusqu'au Parc de Lady Bedford, un lieu de rencontre fameux pour les nobles et les poètes, et puis tourner nos pas vers Wilton, la grande maison sous les collines et entendre Sidney lisant L'Arcadie à sa sœur, et déambuler dans ces mêmes marécages et voir précisément le héron qui figure dans cette fameuse romance, et puis encore voyager vers le nord avec cette autre Lady Pembroke, Anne Clifford, dans ses tourbières reculées, ou se plonger dans la ville et contenir notre joie à la vue de Gabriel Harvey dans son costume noir de velours arguer de poésie avec Spenser. Rien n'est moins fascinant que de tâtonner et trébucher avec alternance dans l'obscurité puis dans la splendeur du Londres Élisabéthain. Mais pas moyen de rester là. Les Temple et les Swift, les Harley et les St. John nous font signe d'approcher, heure après heure peut être consacrée à démêler leurs querelles et déchiffrer leur personnage ; et quand nous nous fatiguons d'eux nous pouvons passer notre chemin, d'une lady vêtue de noir et portant des diamants vers Samuel Johnson et Goldmith et Garrick, ou encore traverser le canal, si nous voulons, et rencontrer Voltaire et Diderot, Madame du Deffand, et puis de retour vers l’Angleterre et Twickenham. Ah comme certains lieux se répètent et certains noms aussi ! - où Lady Bedford avait autrefois son Parc et où Pope a vécu par la suite, jusqu'à la maison de Walpole à Strawberry Hill. Mais Walpole nous introduit à un tel marais de nouvelles connaissances, il y a tant de maisons à visiter et de sonnettes à faire retentir que l'on pourrait bien être pris d’hésitation un instant, devant le pas de porte de Miss Berry, par exemple, et voilà qu'arrive Thackeray ; il est l'ami de cette femme dont Walpole était amoureux ; et c'est ainsi qu'en allant d'un ami à un autre, d'un jardin vers un autre, d'une maison à une autre, nous avons traversé la littérature anglaise de part en part et nous nous réveillons à nous-même pour nous retrouver de nouveau dans le présent, si tant est qu'il soit possible de différentier ce moment de tout ceux qui se sont déroulés avant. Voilà donc une des façons de lire ces vies et ces correspondances ; nous pouvons les faire porter de la lumière dans ces nombreuses fenêtres du passé ; nous pouvons observer les morts fameux dans leurs habits familiers et s'imaginer parfois tout près où l'on peut surprendre leurs secrets, et parfois on pourra sortir une pièce de théâtre ou un poème qu'ils ont écrit et voir si ça se lit différemment en présence de l'auteur. Mais encore une fois voilà qui soulève d'autres questions. A quel point, on devra se demander, est-ce qu'un livre est influencé par la vie de son écrivain – à quelle point est-ce acceptable de laisser l'homme se faire l'interprète de l'écrivain ? Jusqu'à quel point devons-nous résister et nous laisser aller aux sympathies et antipathies que l'homme lui-même éveille en nous – les mots étant si sensibles, si ouverts au caractère de de leur auteur. Ces questions se posent à nous quand on lit les vies et les correspondances, et nous devons trouver nous-mêmes les réponses car rien ne peut être plus fatal que d'être guidé par les préférences des autres dans une question si personnelle.
On peut tout aussi bien lire ces livres dans un autre but, non pas pour porter un éclairage sur la littérature, non pas pour se familiariser avec les gens connus, mais pour rafraîchir et exercer nos propres pouvoirs créatifs. N'y a-t-il pas une fenêtre ouverte sur la droite de ces rayonnages ? Quel bonheur d'arrêter de lire et de regarder dehors ! Comme cette scène est stimulante dans son inconscience, son manque de pertinence, son mouvement perpétuel – les juments qui galopent autour du pré, la femme qui remplit on seau au puits, l'âne qui jette sa tête en arrière et émet son long gémissement grinçant. La majeur partie d'une bibliothèque n'est rien d'autre que la trace de ces moments fugaces dans les vies des hommes, des femmes et des ânes. Toute littérature, en prenant de l'âge, a ses lots de débris, ses traînées de moments disparus et vies oubliées narrées dans des tonalités faibles et défaillantes qui ont péri. Mais si vous vous laissez aller à la joie de ces lectures de déchets, vous serez surpris, certainement gagnés par ces reliques de vies humaines qui croupissent dans les poubelles. Ça pourrait être une lettre – oh mais quelle vision elle offre ! Ce pourrait être quelques phrases – oh mais quelles vues panoramiques elle laissent entrevoir. Parfois une histoire se rejoint dans son entièreté avec un humour si magnifique et du pathos et de la complétude que l'on dirait qu'un grand romancier s'en est chargé, alors que c'est simplement un vieil acteur, Tate Wilkinson, qui se remémore l'étrange histoire de Captain Jones ; c'est juste un jeune subalterne qui sert sous Arthur Wellesley et qui est tombé amoureux d'une jolie fille à Lisbonne ; c'est juste Maria Allen qui laisse tomber sa couture dans le le salon vide et qui soupire de son regret de n'avoir pas suivi les bons conseils de Docteur Burney au lieu de fuguer avec son Rishy. Rien de tout ceci n'a une quelconque valeur ; c'est négligeable à l'extrême, et pourtant comme c'est captivant de temps à autre de parcourir les tas de poubelles et de trouver des bagues et des ciseaux et des nez cassés enfouies dans le vaste passé et tenter de les remettre ensemble quand la jument galope autour du pré, que la femme remplit son seau au puits et que l'âne brait.
Mais à la longue on se fatigue de la lecture des débris. On se fatigue de la quête de ce qui est nécessaire pour compléter les demi-vérités qui est tout ce que les Wilkinsons, le Bunburys et les Maria Allens ont à nous offrir. Ils n'avaient pas le pouvoir de maîtriser et d'éliminer ; ils ne connaissaient pas la vérité intégrale même de leurs propres vies ; ils ont déformé l'histoire qui aurait pu être si harmonieuse. La seule chose qu'ils peuvent nous offrir sont des faits, et les faits sont très inférieurs à toute forme de fiction. Ainsi, le désir nous enjoint d'en finir avec les approximations et demi-vérités, de cesser notre quête des moindres ombres du caractère humain, et de savourer la plus grande abstraction, la vérité plus pure de la fiction. Dès lors nous créons l'humeur, intense et généralisée, dénuée de détail, mais tendue par un certain battement récurrent et régulier dont l'expression naturelle est la poésie ; et voilà venu le temps de lire de la poésie … quand nous sommes presque à même d'en écrire.
Western wind, when wilt thou blow ?
The small rain down can rain.
Christ, if my love were in my arms,
And I in bed again !
L'impact de la poésie est si fort et direct que pour le moment il n'y a d'autre sensation que celle du poème lui-même. Quels fonds profonds nous visitons alors – et comme notre immersion est subite et entière ! On ne peut s'accrocher à rien ici ; rien qui nous maintienne dans notre vol. L'illusion de la fiction est graduelle, ses effets sont préparés, mais qui à la lecture de ces quatre vers s'arrêtera pour se demander qui les a écrits, ou invoquer les pensées de la maison de Donne ou du secrétaire de Sidney, ou les entrelacer dans l'enchevêtrement du passé et la succession des générations ? Le poète est notre contemporain. Notre être est centré et resserré pour le moment, tout comme dans n'importe quel choc violent d'émotion personnelle. Par la suite, il est vrai, la sensation commence à se répandre dans des anneaux plus grands à travers nos esprits ; des sens plus reculés se diffusent en nous ; ils commencent à se faire entendre et à souffler des commentaires et nous prenons conscience d’échos et de réflexions. L'intensité de la poésie couvre un immense éventail d'émotions. Il nous suffit de comparer la force et la rectitude de
I shall fall like a tree, and find my grave,
Only remembering that I grieve,
Minutes are numbered by the fall of sands,
As by an hour glass ; the span of time
So the waste us to our graves, and we look on it ;
An age of pleasure, revelled out, comes home
At last, and ends in sorrow ; but the life,
Weary of riot, numbers every sand,
Wailing in sighs, until the last drop down,
So to conclude calamity in rest,
ou rapprocher le calme méditatif de
Whether we be young or old,
Our destiny, our being's heart and home,
Is with infinitude, and only there ;
With hope it is, hope that can never die,
Effort, and expectation, and desire,
And something evermore about to be,
The moving Moon went up the sky,
And nowhere did abide :
Softly she was going up,
And a star or two beside –
ou la fantaisie splendide de
And the woodland haunter
Shall not cease to saunter
When, far down some glade,
Of the great world's burning,
One soft flame upturning
Seems, to his discerning,
Crocus in the shade,
pour considérer l'art multiple de la poésie ; le pouvoir qu'il a de nous rendre à la fois acteurs et spectateurs, de passer la main au dedans d'un personnage comme si c'était un gant, et d'être Falstaff ou Lear ; de condenser, d'élargir, de statuer, une fois pour toutes.
« Il nous suffit de comparer » – avec ces mots on a vendu la mèche et reconnu la vraie complexité de la lecture. La première manière de procéder, celle de se faire le récipient d'impressions avec un don de compréhension suprême n'est que la moitié du chemin de la lecture, chemin qu'il faut compléter si nous souhaitons recevoir le plaisir intégral d'un livre, par un autre. On devra se prononcer sur les impressions innombrables et faire de ces formes évanescentes une seule impression solide et durable. Mais non pas directement. Attendez que la poussière de la lecture se soit posée, que le conflit et les questionnements se soient tus ; marchez, parlez, retirez les pétales séchées d'une rose, ou plongez dans le sommeil. Et puis subitement sans l'avoir voulu, car c'est ainsi que la Nature entreprend ces transitions, le livre vous reviendra, mais différemment. Il va voguer dans notre esprit comme un tout. Et le livre comme un tout est différent du livre reçu habituellement par des phrases séparées. Les détails trouvent maintenant leur place. On voit la forme du début à la fin ; c'est une étable, une porcherie, ou une cathédrale. Voilà que maintenant on peut enfin comparer un livre avec un autre tout comme on compare un bâtiment avec un autre. Mais cet acte de comparaison veut dire que notre attitude a changée ; nous ne sommes plus les amis de l'écrivain mais ses juges, et tout comme nous ne pouvons être trop sympathiques comme amis, nous ne pouvons être trop sévères comme juges. Et puis ce ne sont pas des criminels, les livres qui ont gaspillé notre temps et notre sympathie ; et ils ne sont pas les ennemis les plus insidieux de la société, des dépravés, des profanateurs, écrivains de livres faux, de livres contrefaits, de livres qui remplissent l'air avec maladie et pourrissement ? Soyons donc sévères dans nos jugements, comparons chaque livre avec le plus grand de son espèce. Nous retrouvons dans notre esprit les formes des livres que nous avons lus, consolidés par les jugements que nous avons portés sur eux – Robinson Crusoé, Emma, Le retour au pays natal. Comparez les romans avec ceux-là – même les romans les plus récents et les plus anodins ont le droit d'être jugés à l'aune de ceux-là. Il en va de même avec la poésie – quand l'intoxication du rythme s'est évaporée et que la splendeur des mots s'est estompée, une forme visionnaire nous reviendra et devra être comparée avec Le roi Lear, avec Phèdre, avec Le Prélude, ou à défaut la plus haute poésie, celle qui nous paraît la meilleure en son genre. Et l'on peut être sûr que la nouveauté d'une nouvelle poésie ou fiction est sa qualité la plus superficielle et qu'il nous suffit d'altérer légèrement, non pas de refondre, les standards par lesquels nous avons jugé l'ancien.
S'il en va ainsi, si lire un livre comme il devrait être lu demande les qualités les plus rares le l'imagination, de la perspicacité, du jugement, vous pourriez en conclure que la littérature est un art très complexe et qu'il est peu probable que nous puissions, même après une vie entière de lecture, apporter une contribution valable à sa critique. Nous devons rester des lecteurs ; nous ne devons pas assumer la gloire qui appartient aux êtres rares qui sont aussi des critiques. Il n'en reste pas moins que nous avons nos responsabilités en tant que lecteurs et même notre importance. Les standards que nous érigeons et les jugements que nous portons se faufilent dans l'air et deviennent partie intégrante de l'atmosphère que respirent les auteurs quand ils travaillent. Une influence est créée qui porte son souffle jusqu'à eux même s'il n'apparaît jamais dans le résultat imprimé. Et cette influence, si elle se trouvait bien instruite, vigoureuse et individuelle et sincère, pourrait même être précieuse maintenant que la critique est irrémédiablement en sursis, maintenant que les livres passent en revue telle une procession d'animaux dans une galerie photo, et que la critique ne dispose que d'une seconde pour charger et cadrer et capturer et qu'il peut bien être pardonné s'il prend des lapins pour des tigres, des aigles pour de la volaille de basse-cour, ou rate le tout et épuise sa capture sur une vache paisiblement broutant dans le pré plus loin. Si derrière les enfilades de captures de la presse l’opinion des gens qui lisent pour l'amour de la lecture, lentement et non professionnellement, qui jugent avec grande sympathie mais toutefois avec grande sévérité, cela ne pourrait-il pas améliorer la qualité de leur travail ? Et si de notre fait les livres devaient devenir plus forts, plus riches, plus variés, ce serait une fin qui justifie que nous l'ayons en vue.
Mais dans les faits, qui lit pour atteindre un but quelque désirable qu'il soit ? N'y a-t-il pas des quêtes que nous pratiquons parce qu'elles sont bonnes en elles-mêmes ? Et celle-ci n'est-elle pas de cet ordre-là ? En tout cas, j'ai eu ce rêve parfois que quand le jour du jugement dernier se présenterait et que les grands conquérants et avocats et hommes d’État viendraient pour recevoir leurs récompenses – leurs couronnes, leurs lauriers, leurs noms gravés sur le marbre impérissable – que Le Tout Puissant se tournerait vers Pierre et dirait, non dénué d'une part d'envie quand il nous verrait arriver avec nos livres sous les bras, « Regarde, ceux-là n'ont besoin d'aucune récompense. Nous n'avons rien à leur offrir ici. Ils ont aimé lire. »
Cet article a été traduit par Yassi Nasseri, fondatrice de Kimamori.


