Palais de glace, de Tarjei Vesaas

Il existe certains livres, certains textes, rares, dont on n’a pas envie de parler. La seule chose que l’on a envie de dire est “lisez-le”. La première fois que j’ai lu ce roman, je l’ai passé immédiatement à tous mes amis. Des lecteurs bien différents pourtant, ils avaient tous, unanimement, été frappés par la beauté de cet écrit. Tarjei Vesaas a écrit ce livre voici un demi-siècle, et le livre n’a pas pris une ride. Après tout, évoquer la vie, la mort, l’amitié cela ne relève pas de l’actualité mais de la pérennité. La beauté, elle, au sens profond du terme, n’a pas de modes. Mais transcrire leur sens profond est un acte littéraire. Raconter ce que veut dire union et solidarité dans une tâche précise, sans employer un seul instant ces grands mots, c’est remarquable et là encore, n’appartient qu’aux très grands écrivains.

Un palais de glace formé d’une cascade gelée au fil de la saison hivernale, et la manière dont Tarjei Vesaas nous en livre la substance est chose intemporelle. La promenade d’une petite fille de 11 ans, en osmose avec le froid et la glace, cela aussi défie le temps. J’ai été subjuguée, et subjuguée je demeure par ce récit bref, empreint d’éternité.

Plutôt que de m’enliser dans des éloges interminables, ou de vous dire “lisez Palais de Glace”, je vous laisse lire les mots de Doris Lessing au sujet de ce livre :

« Combien simple est ce roman. Combien subtil. Fort. Unique. Combien inoubliable. Combien extraordinaire. » 

PALAIS DE GLACE
Tarjei Vesaas
première édition 1975 (v.0. 1963)
Traduit du norvégien par Élisabeth Eydoux
Nouvelle édition publiée par les éditions Cambourakis, paru en poche (Babel)
Nouvelle traduction par Jean-Baptiste Coursaud