Ne m’appelez pas Madame – par Ladane Nasseri

Le 11 juin cet article est paru sur le site anglophone A Fine Dispersal qui publie des essais et entretiens d'auteur. La finesse et la profondeur de son contenu nous permettent de mieux comprendre le parcours de Marjane Satrapi, ses aspirations, son univers. L'article a été traduit pour vous par Yassi Nasseri.

De l'art de Marjane Satrapi, ses convictions et sa complexité
Ladane Nasseri

Quand j'ai vu l'article, avec une coquille dans son nom de famille, où il était écrit qu'elle était « morte de tristesse » j'ai pensé que c'était un canular, une mauvaise blague conçue par l'IA. Mais non, l'information était partout : La réalisatrice et autrice de bande-dessinée Marjane Satrapi est décédée à l'age de 56 ans, un an après le décès de son mari.

Maryam, une amie d'enfance, m'a envoyé un message : « On a l'impression d'avoir perdu un proche ». Et c'était bien le cas.

Je n'avais rencontré Marjane Satrapi qu'une seule fois, et pourtant c'était comme si je l'avais toujours connue. Nos chemins de vies avaient des points communs évidents : nous sommes globalement de la même génération. Tout comme elle, j'étais en Iran, enfant, au moment de la révolution et de la guerre Iran-Irak. La vie nous a menées loin de nos parents dans notre adolescence et nous nous sommes construites entre l'Europe et l'Iran. Nous partageons notre nationalité française et notre héritage iranien. Je sais maintenant que nous avons des connaissances communes mais je n'ai pas personnellement connu Marjane.

Quand j'avais la vingtaine et que je vivais encore à Paris, je l'ai rencontrée un jour à un événement littéraire. Persepolis venait de paraître dans sa version originale en français. Je m'étais rendue avec un ami, François, dans ce petit théâtre où une rencontre était programmée avec elle. Je ne me souviens plus de quel théâtre il s'agissait, ni quel était l'événement qui l'accueillait. Le détail de sa conversation avec un autre artiste qui était sur scène avec elle cet après-midi-là m'échappe aussi. Ce dont je me rappelle parfaitement en revanche est que j'ai été séduite par sa franchise. Elle s'exprimait dans une langue de tous les jours, elle était drôle et loquace, sans arrogance. Quelques rangs me séparaient d'elle et j'ai été captivée.

C'était probablement en 2001 ou début 2002. Elle était loin d'être connue comme aujourd'hui mais les premiers tomes de Persepolis – l'histoire d'une iranienne et sa sortie de l'enfance aux lendemains de la révolution islamique de 1979 – étaient parus en France et avaient été bien accueillis par la critique. Mes quelques amis iraniens résidant à Paris avaient lu ces livres graphiques mais je voyais aussi souvent ces volumes dans les bibliothèques de mes amis français.

Je me souviens d'une conversation que j'avais eue avec Maryam à l'époque. Nous avions parlé de la bande-dessinée inspirée de la vie de Marjane. Nous avions été frappées par les libertés qu'elles avaient prises dans la transposition créative de son récit. Et l'on avait passé en revue certaines histoires du livre : le jeune homme qui était mort en s'écrasant du balcon alors qu'il tentait d'échapper à une descente de la police des mœurs à la fête où il s'était rendu. Maryam et moi avions toutes deux entendu parler de cet incident tragique à des réunions ou repas de famille. Ou encore l'anecdote vécue par tout un chacun des cassettes piratées de Michael Jackson que l'on pouvait trouver sur le marché noir de Téhéran. C'était étrange de voir ces histoires, que nous n'étions pas censés divulguer, apparaître si ouvertement et sous un ton humoristique dans un livre. C'était tellement inattendu de voir les luttes quotidiennes des familles iraniennes de ces années-là, la violence politique, les bombardements et les difficultés économiques, exposés au monde.

Instinct de survie veut dire « n’importe quelle situation qui arrive, finalement, on continue à vivre. Avec les bombes, on continue à vivre. Avec une dictature, on continue à vivre. » Marjane dirait vingt ans plus tard à Laure Adler sur France Inter. « Le tout c’est de savoir comment faire semblant d’avoir une vie normale quant tout est anormal autour de vous. Même ça, on y arrive. »

Marjane ne se cachait pas de son bagage émotionnel. Elle avait écrit l'histoire de cette jeune enfant après avoir traversé une période dépressive des mois durant. « Il fallait que ça sorte » étaient ses mots pour en parler sur France Culture en 2020. Dessiner lui venait naturellement et elle a poursuivi dans ce mode artistique qui lui semblait le meilleur moyen pour livrer son récit. « Je ne pensais pas que personne allait jamais le publier, et quand ça a été publié, je n’ai jamais pensé que personne aurait envie de le lire. Il fallait que je l’écrive, je l’ai écrit. »

Je ne suis ni historienne ni sociologue, a dit Marjane Satrapi lors d'une conversation avec Art Spiegelman animée par Françoise Mouly lors d'un événement PEN America en 2005. « Mais je suis née dans un certain lieu, à une certaine époque. Il se trouve que j'ai vu une révolution, il se trouve que j'ai vu une guerre. » Certaines personnes savent bien peu de choses sur l'Iran et pourtant elles sont catégoriques quand elles en parlent alors elle a voulu offrir un autre point de vue, a-t-elle dit à Vogue un an plus tard.

Pour nombre d'iraniens en Iran ou à l'étranger Marjane était devenue un témoin et une porte-parole.

Peu de temps après l'événement à Paris je suis partie pour New York et j'ai commencé mon cursus secondaire en relations internationales (Columbia SIPA, International and Public Affairs)). Persepolis avait été traduit dans de nombreuses langues et était paru en anglais aux États-Unis. Le livre était devenu un incontournable dans les collèges et universités nord-américaines. Amanda, une de mes amies, l'enseignait à ses lycéens dans sa classe d'anglais.  « Pour beaucoup de mes étudiants c'était la première, ou la seule chose, qu'ils avaient jamais lu sur l'Iran. »

L'adaptation cinématographique de Persepolis a porté l'histoire de cette jeune iranienne, qui cherchait sa place dans son pays et à l'étranger, auprès de légion de spectateurs dans le monde. Le film a remporté le Prix du jury du Festival de Cannes en 2007 et a été nominé pour le Meilleur film animé des Academy Awards en 2008 faisant ainsi de Marjane l'une des premières femmes à être nominée dans cette catégorie. Près d'une décennie plus tard le livre serait dans la liste de 100 meilleurs livres du vingt-et-unième siècle du journal Guardian.

Marjane avait instinctivement saisi ce qui me prendrait des années à pleinement comprendre une fois devenue une reporter couvrant les actualités. L'élément humain était primordial dans une histoire, et souvent la seule manière d'atteindre les lecteurs. Les actualités coulaient leurs flots sur les audiences sans les interloquer mais l'histoire d'une personne pouvait les arrêter net. Après plus de dix ans d'activité dans l'univers des news j'ai commencé à me dire qu'un personnage de roman bien incarné avait peut-être une portée plus grande que n'importe quel segment d'actualité parlant de vies réelles. Les actualités capturaient l'expérience d'une personne à un instant donné, en général une situation où l'individu se confronte au pire. Mais l'actualité ne nous dit rien de ce qu'était cette personne avant l'incident, ni ce qui adviendrait de lui après. La vie intérieure de ces personnes était invisible, leurs voix - tout particulièrement ceux qui parlent une langue étrangère - hors de portée. Paradoxalement ils ne semblaient pas réels. Les news font appellent à la raison de l'audience. Les romans font appel à leurs émotions.

Dans les années 2000 je ne disposais pas encore de ma connaissance actuelle des médias et des affaires de la politique. Enfant je me rappelle avoir vu les iraniens à la télévision française montrés comme des gens hors de contrôle qui prenaient d'assaut les ambassades et brûlaient les drapeaux de pays étrangers. Ce que Persepolis a réussi à faire en France, et c'était encore plus important aux États-Unis, c'était de porter aux yeux du monde une jeune fille iranienne drôle et espiègle, sa famille attendrissante, et leur octroyer une place dans l'esprit d'autrui. Racontée dans une bande-dessinée l'histoire était en partie drôle, en partie dramatique – ce qui est le lot de toute vie. Aujourd'hui j'aurais une lecture plus élaborée et critique du livre mais susciter de l'intérêt pour l'humanité es iraniens, à une époque où les médias occidentaux les avaient dépeints pendant des décennies comme effrayants et sournois était un accomplissement remarquable.

Marjane a continué de faire paraître des bandes-dessinées : Poulet aux prunes, méditation nostalgique sur l'amour et la mortalité, et Broderies, portrait irrévérencieux et affectueux de la femme iranienne qui parle de mariage, de conventions sociales et de sexualité. Ensuite elle s'est tournée vers le cinéma et la peinture.

Alors qu'elle était largement reconnue pour ses créations cinématographiques, artistiques et littéraires elle continuait de refuser à se présenter comme artiste. Être une artiste est une notion subjective. Tout comme être drôle ou belle, c'est quelque chose que d'autres peuvent dire de vous mais non pas quelque chose que vous dites de vous-même, disait-elle.

Toute discussion autour du travail de Marjane serait incomplète si l'on ne mentionnait pas ses convictions politiques. Sa bête noire était le patriarcat, d'où qu'il surgisse - dans la société ou dans le domaine politique.

Elle était connue pour être très directe dans ses formulation, une grande fumeuse, et elle persistait à dire que ça ne l'intéressait pas d'être la mère de quelqu'un. Lors d'un événement à Stanford en 2017 elle s'adressa à l'audience en disant : « Si j'avais une fille, le premier mot que je lui apprendrais serait va te faire foutre, non pas bonjour ni salut. »

Comme Marjane avait connu de l'intérieur la République islamique, elle avait vécu le flicage de son corps et de son esprit. Elle détestait la culture conservatrice qui voulait voir les femmes se soumettre à une image imposée. « Quand j'étais plus jeune, on me disait « une vraie dame ne ferait pas ci, une vrai dame ne ferait pas ça. » Voilà le point de vue du patriarcat qui veut garder les femmes à la maison. J'ai fini par dire : je suis une femme tapageuse et irrévérencieuse mais au moins je suis libre de faire tout ce que je veux. Je ne suis pas une vraie dame ? Tant mieux, je m'en fiche. Ne m’appelez pas Madame. Appelez-moi juste par mon prénom. »

Après la mort de Mahsa Jini Amini retenue par la police des mœurs en 2022, les soulèvements immédiats et l'avènement du mouvement Femme, Vie, Liberté en Iran, Marjane est devenue ouvertement militante. Elle a repris le dessin et a accueilli des contributions d'artistes, de journalistes et de profils académiques pour une œuvre graphique de non-fiction. Publiée à la date anniversaire de la mort d'Amini, cette œuvre intitulée Femme, Vie, Liberté, retraçait les basculements sociétaux et culturels qui émergeaient en Iran.

Marjane estimait que le patriarcat tenait les rênes en politique aussi. Cette même logique qui distribuait les rôles en reconnaissant certaines nations comme symboles de démocratie et d'autres comme des États arriérés devant être conduits sur cette voie par une main ferme et éclairée.

En 2006 dans une discussion avec Emma Watson, en parlant des interventions militaires des États-Unis elle a dit :  « L'idée que du seul fait de bombarder l'Afghanistan et d'y installer des distributeurs de Coca-Cola une démocratie va naître par magie, c'est des conneries ! » Le seul changement viable à son sens était une « lente évolution culturelle ».

Un an plus tard, interviewée par le magasine Spiegel elle a été critique du rôle des États-Unis dans la politique iranienne. Elle se référait vraisemblablement au coup d'état de 1953 contre le premier ministre iranien Mohammad Mossadegh. « Au vu des événements du siècle dernier, les États-Unis ne veulent pas nous démocratiser par sympathie mais pour le pétrole. Quand il n'y aura plus de pétrole ils nous laisseront tomber comme une pute sur le trottoir qui a perdu sa jeunesse. » Si nous voulons une démocratie disait-elle « il nous faut décider par nous-mêmes. Il nous faut nous battre nous-mêmes pour notre liberté ».

Marjane semble être restée fidèle à sa conviction première, pensant que les changements politiques devaient surgir du pays lui-même, non pas être orchestrés par l'extérieur. Elle n'avait pas beaucoup de tolérance pour les réseaux sociaux et n'avait pas pour habitude de faire des annonces en ligne pour émettre son opinion. Pour autant que je sache elle ne s'est pas jointe aux iraniens de la diaspora qui appelaient l'administration Trump à bombarder l'Iran pour soit-disant conduire le pays vers la liberté.

Ces douze derniers mois l'Iran a été sujet à une autre vague de manifestations dans le pays avec au minimum 6 500 morts, puis deux séries d'attaques militaires américano-israéliennes : la première en juin 2025 et une seconde campagne initiée en février 2026. Les pertes iraniennes de cette dernière comptent au minimum 1 700 civils tués et plus de 20 000 blessés. Des écoles, des hôpitaux, des universités, des ponts, des immeubles résidentiels, des sites protégés par l'Unesco ont été détruits. Le cessez-le-feu annoncé a été régulièrement rompu. Rien ne signale une retombée des tensions.

Je ne sais pas ce que Marjane a vécu durant toute cette période. Ce que nous savons est que pendant cette même période elle essuyait une douleur personnelle. En avril 2025 elle a perdu Mattias Ripa, son partenaire intellectuel et confident avec qui elle partageait sa vie depuis 31 ans. Elle qui s'était fait témoin de la vie de tant d'iraniens et de femmes n'avait subitement plus à ses côtés ce seul témoin de sa propre vie.

Marjane a qualifié un jour la solitude comme « un voyage dans sa propre intériorité », un état d'esprit qu'elle adorait. Ces dernières années elle avait réduit son cercle d'amis. Le temps est « la seule » chose précieuse dans la vie, disait-elle, « presque tout » le reste peut être remplacé. « Je n'ai même pas suffisamment de temps pour les gens que j'aime. Je ne vois pas pourquoi je dépenserai ce temps pour les gens dont je me fous. »

Dix mois après le décès de son mari elle a fait l'annonce de la création d'une fondation tutélaire de l'Académie des Beaux-Arts ayant pour mission de soutenir les étudiants étrangers de cinéma à Paris. Cette initiative était « la suite logique » de ce que Ripa et elle représentaient, deux étrangers qui s'étaient rencontrés et avaient bâti leur vie dans « cette ville incroyable ». Elle avait décidé de rencontrer chaque année les deux étudiants retenus et les accompagner dans leur parcours, disait-elle.

Après le décès de Marjane j'ai contacté l'ami au côté duquel je l’avais entendue parler pour la première fois.

J'ai demandé à François, franco-iranien, ce dont il se rappelait concernant cet événement qui s'était déroulé vingt ans plus tôt. Le contraste entre sa stature physique et sa « présence démesurée quand elle prenait la parole » a-t-il immédiatement répondu. Il se souvenait avoir perçu « une âme brisée » sous « le magma volcanique de ses mots », « une raison d'être très affirmée » conjuguée à « un désespoir sans fond ». François a fait une pause avant de sélectionner le terme « artiste maudite », pour la décrire : quelqu'un qui emploie l'expression artistique comme exutoire des « sentiments qui le hantent ». Elle semblait osciller entre « une envie irrépressible de changer le monde » et un appel plus sombre de « l'improbabilité de sa quête ».

Marjane avait parlé très tôt dans sa carrière de la dépression qu'elle avait confrontée. Elle était connue pour être intense et passionnée. Ce qui était moins visible peut-être était l'existentialisme avec lequel elle était aux prises dans sa cinquantaine. En 2020 dans une conversation sur France culture elle a dit que la dernière chose qu'elle voudrait pouvoir se dire avant de mourir était « quand même tu as compris quelque chose ». Quand l'animatrice a souligné « vous parlez beaucoup de la mort » elle a répondu du tac au tac « comment voulez-vous que je ne parle pas de la mort ? Je vais mourir donc forcément. C'est tellement mal fait toute cette histoire : j'ai cinquante ans et je sais vachement mieux comment la vie fonctionne par rapport à mes vingt ans. Donc forcément quand j'aurai 80 ans, je vais vachement mieux comprendre comment la vie fonctionne par rapport à maintenant. Au moment où je commencerai à comprendre réellement comment ça fonctionne il faut que je meure. Comment voulez-vous accepter cette idée ? »

Le communiqué diffusé par sa famille disait qu'elle était « morte de tristesse » suite au décès de Ripa. Dans les jours qui ont suivi il y a eu des spéculations sur les réseaux sociaux insinuant qu'elle s'était suicidée ou était morte d'une overdose. D'autres commentaires l’énonçaient directement. La formulation vague était intentionnelle bien-sûr, reflet de la discrétion et du penchant iranien à parler en images et symboles, une réticence à nommer ce qui se comprend mieux par le fruit de l'imagination, ou que le cœur sait déchiffrer naturellement.

Pour les iraniens il y peu d'ambiguïté quant au sens de ce communiqué. Mourir de tristesse est un terme à part entière dans la langue persane. Degh kardan. Quand j'étais enfant un de mes inséparables (l'oiseau) a dépéri quand son compagnon est tombé raide mort à côté de lui. Le cœur brisé m'a-t-on dit, et même si je n'avais que dix ans j'ai compris ce que voulait dire ne plus être du côté de la vie. Qu'y a-t-il d'ambigu dans l'idée de perdre son désir de vivre parce l'on se sent atrocement seul, tout comme exilé de soi-même, ou que l'on a perdu les illusions qui nous étaient chères ?

Marjane n'est jamais retournée en Iran après le succès de Persepolis ; de fait elle a passé le reste de sa vie loin de sa terre natale. Son chez-elle ne pouvait être que l'Iran, avait-elle écrit dans le New York Times en 2009. Et pourtant elle se refusait à s'appesantir sur cette pensée. Se plaindre d'une vie en exil lui paraissait indécent quand les iraniens en Iran faisaient face à des difficultés autrement plus accablantes.  « Je préfère garder cette tristesse pour moi » disait-elle en 2020, « mais elle est là effectivement ».

Seuls ses plus proches savent ce qu'elle a traversé dans ses derniers mois. Comment elle a vécu la perte de son compagnon d'une vie, la mort de milliers de ses compatriotes, et le bombardement de l'Iran sous prétexte d'une libération.

Contrairement à nombre d'iraniens de la diaspora, Marjane n'a jamais rejeté son identité d'iranienne. J'ai rencontré des iraniens hors du pays qui disaient qu'ils voulaient se refaire une vie et oublier complètement l'Iran. Certains avaient le sentiment que la loyauté envers leur pays d'accueil exigeait d'eux qu'ils enfouissent leurs origines. Marjane en avait décidé autrement : « Même si j'ai étudié en France et que j'écris en français, tout ce que je suis, tout ce que je suis devenue, je le dois à mon pays, je le dois à l’Iran. » disait-elle. « Mon cœur est iranien et cela, personne ne peut me l'enlever. »

Références images présentées dans l'article :
- Marjane Satrapi en 2007 -première du film Persepolis, Wikimedia Commons
- Affiche Persepolis
- Marjane Satrapi en 2007 -première du film Persepolis, Wikimedia Commons
- Couverture Libération - hommage à Marjane Satrapi, juin 2026.

Ladane Nasseri est une autrice de littérature hors fiction et une ex-correspondante internationale de Bloomberg. Elle est la rédactrice de A Fine Dispersal.

A Fine Dispersal publie des essais et des entretiens d'auteurs au croisement de la littérature, de l'histoire, des vies humaines et leurs lieux.

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