Un homme mort, vivant

Englebert des collinesENGLEBERT DES COLLINES
Jean Hatzfeld
éd. Gallimard, 2014

Les livres écrits, dans le sens de bien écrit, il s’en trouve relativement peu de nos jours. Qu’ils soient de surcroît profonds et se lisent pourtant avec légèreté, voilà qui devient plus rare encore. Eh bien, c’est le cas de ce livre qui traite de rien de moins que « du Rwanda ». En un mot tout est dit et pourtant rien n’est dit car la manière dont ce thème est exploré et développé vaut le détour. Vous l’aurez compris, ce livre je vous le conseille quand bien même il serait bien peu de chose, une goutte d’eau dans un océan de misère humaine dénoncée…

Jean HatzfeldQu’a-t-il fait là, Jean Hatzfeld ? Il s’est rapproché d’un homme. Un homme qui a des origines princières, un homme qui a vu et vécu l’horreur, un homme qui s’est détaché à sa manière de l’inacceptable en le noyant simplement dans l’oubli offert par l’alcool. Mais cet homme a ceci d’extraordinaire qu’il ne s’en cache pas. Il n’est pas devenu une ombre mais un fantôme visible, un revenant de l’indicible qui ne pourra plus, ne voudra plus se faire un caméléon de la normalité. Il est aimé de sa communauté car il est vif, cultivé, intelligent, doté d’un charme humain infini. Mais c’est un être humain qui dans ses heures de vérité sombre dans les ténèbres.

Englebert des collines est Rwandais, et puis c’est un Tulsi rescapé des génocides d’il y a vingt ans. Il aime sa terre et la connaît, il la raconte à Jean Hatzfeld dans ses moments de lucidité. Il raconte aussi les conditions de sa survie à lui qui fut plus chanceux que d’autres. Le récit est simple, beau, poignant.

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