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Le petit caillou

Heureux le petit caillou Vagabondant seul sur la route Sans se soucier des carrières Ni craindre les exigences. Son habit brun élémentaire, L’univers l’emprunte au passage. Indépendant, tel le soleil, il lui sociable, ou solitaire Et remplit le décret divin En toute simplicité. Emily Dickinson, traduit par Christian Bobin Peinture Pierre Soulages

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“Dans ma soupe”

Le vent de l’été Apporte dans ma soupe Des pivoines blanches ! Yotsuya Ryu Peinture Fang Chuxiong

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La rêverie

Pour faire une prairie, prenez un trèfle et une abeille Un seul trèfle, une seule abeille. Et  de la rêverie. Mais la rêverie seule suffira, Si les abeilles se font rares. Emily Dickinson Jean Tinguely Vous me pardonnerez les libertés que j’ai prises en traduisant le poème. Le voici  dans sa version originale : To make a prairie it takes …

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“Je trouve à boire et à manger en moi”

Il n’y a pas de suite dans mes idées Quand j’ai fini la cathédrale je compose la symphonie Ensuite j’apprends et je torture J’envoie les régiments et je conçois le pont En chinois j’écris aussi et j’assèche le marais Puis je danse le tango, je rassemble la flotte Je peins la pomme de mille façons mais si souvent que je …

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“Où est l’oeil de la terre…”

La parfaite douceur est figurée au loin à la limite entre les montagnes et l’air : distance, longue étincelle qui déchire, qui affine Tout un jour les humbles voix d’invisibles oiseaux l’heure frappée dans l’herbe sur une feuille d’or le ciel à mesure plus grand Les chèvres dans l’herbage sont une libation de lait Où est l’œil de la terre …

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Je te l’ai dit

Je te l’ai dit pour les nuages Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles Pour les cailloux du bruit Pour les mains familières Pour l’oeil qui devient visage ou paysage Et le sommeil qui rend le ciel de sa couleur Pour toute la nuit bue Pour la grille des …

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“Nul besoin d’acheter la montagne”

Qui se repose au sein des nuées blanches N’a nul besoin d’acheter la montagne. Le val est-il pentu, prends un bâton, La montée rude, agrippe les lianes. Les pins resteront verts au fond des gorges, Au bord des eaux se marbreront les roches. Les liens brisés, tu n’auras plus d’amis, Mais au printemps le concert des oiseaux. Han Shan La …

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Prendre le temps de vivre !

Comme se lovent les montagnes ainsi serpentent les ruisseaux, Les eaux, les monts c’est bien joli, si l’on est libre de flâner ! Mais quand le voyageur pressé talonne un soleil en déclin, Corbeau, ce n’est point ton affaire de le bousculer davantage ! Poème de Yang Wanli Image provenant de l’Atelier de peinture Les Couleurs de Nath

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« Il ennoblit le sort des choses les plus viles »

Baudelaire nous a dit… « Quand, ainsi qu’un poète, il descend dans les villes, Il ennoblit le sort des choses les plus viles, »

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Une grande lueur de douceur…

Lune gorgée de printemps que je la touche et de l’eau en coule Issa Peinture Gongbi

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La Liberté

Elle est venue par cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l’issue de l’aube que le bougeoir du crépuscule. Elle passa les grèves machinales; Elle passa les cimes éventrées. Prenaient fin la renonciation à visage de lâche, la sainteté du mensonge , l’alcool du bourreau. Son verbe ne fut pas un aveugle bélier mais la toile où s’inscrivit mon …

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Multiple est beau !

Dans la multiple rencontre faisons à tout sa part, afin que l’ordre se montre parmi les propos du hasard. Tout autour veut qu’on l’écoute -, écoutons jusqu’au bout ; car le verger et la route c’est toujours nous ! Rainer Maria Rilke Et les fleurs, sont des volubilis bien-sûr… … vous vous rappelez la naissance de Kimamori ?

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Toujours l’eau coule…

Au fond de l’eau plonge le clair de lune Par-dessus l’eau flotte le clair de lune Dans l’eau qui coule la lune est immobile Que la lune s’éloigne toujours l’eau coule. L’Ermite de Jibei Illustration de Pat Perry

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Unité

Par-dessus l’horizon aux collines brunies, Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies, Se penchait sur la terre à l’heure du couchant ; Une humble marguerite, éclose au bord d’un champ, Sur un mur gris, croulant parmi l’avoine folle, Blanche épanouissait sa candide auréole ; Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur, Regardait fixement, dans l’éternel azur, Le grand astre …

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« Rien n’est beau que le vrai »

En réponse à Sa Majesté qui voulait savoir ce qu’il y a dans la montagne… Qu’y a-t-il dans la montagne? Des sommets voilés de blanc. Ce plaisir est pour moi seul, Je ne saurais vous l’offrir. Tao Hongjing La photo est de Hengki Koentjoro

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