La Fête du Livre

Une soirée littéraire ayant pour objet le partage des “grands livres de nos vies”…
C’était le 1er mai chez Liber and Co, à Belle-Isle.

Lawrie Dignan arbres chevelure

Une saison a sa parole à dire. Le printemps prend naissance le 21 mars, insuffle sa grande énergie foisonnante à tout ce qui vit et « respire ». Le bourgeonnement se déclenche ; la sève de la vie pousse de toutes ses forces. Et puis arrive le mois de mai. On se lève le matin du premier mai et l’on voit tout alentour que la nature a changé de visage, que le printemps a épousé sa plénitude.

Tant de fleurs dans les champs, l’herbe si haute qui danse dans la brise, les arbres et les plantes verdoyants de fraicheur qui se coiffent d’une toute nouvelle chevelure satinée mi-jade mi-émeraude, sont autant de marques de l’arrivée à maturité de cette saison de douceur… Naturellement c’est la fête du bonheur, bonheur candide, bonheur enjoué où l’on célèbre le travail, reflet autrefois de la fécondité de l’oeuvre de la nature. Lire la suite

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Face au scandale ultime de la mort : “Réparer les vivants”

Une belle librairie ; un bel espace débat ; un libraire qui mène l’entretien avec émotion et perspicacité… et une écrivaine de grande sensibilité au phraser sublime. Toutes ces conditions mirifiques peuvent parfois se réunir pour émerveiller la lectrice passionnée que je suis ! La venue de Maylis de Kerangal à la Librairie Compagnie, le 23 janvier dernier se rangerait indéniablement au rang de ces moments magiques.

librairie Compagnie 1  librairie Compagnie 2

Souffle léger, regard parfois perdu dans le vide, imperceptible cheveu sur la langue, tel un oiseau fragile perché sur sa branche Maylis de Kerangal n’a cessé de tisser des mots sensibles et livrer une broderie faite d’authenticité et d’interrogations généreuses, empreinte d’un mélange de rage et d’amour. J’aurais voulu restituer ici ses mots, très fidèlement. Mais je n’ai su en préserver que quelques bribes inscrites dans le texte ici entre guillemets. J’espère que vous aurez autant de plaisir à découvrir ce condensé des mots de l’écrivaine interviewée que j’eus à l’entendre siffloter ses mélodies riches d’esprit littéraire et de profondeur philosophique…. Lire la suite

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“Nous sommes tous des espions!”, s’amuse Ian McEwan

Ian McEwan est largement connu et apprécié tant des publics anglophones que francophones. À l’occasion de la sortie de son dernier livre « L’opération Sweet Tooth », disponible en français aux éditions Gallimard, il était invité à la librairie Millepages, à Vincennes et un large public était venu à sa rencontre.

Librairie millepage cour intérieure   Librairie millepage

Librairie millepages canapé vermeilL’espace aménagé à cet effet était tant chaleureux que vaste. L’écrivain aux côtés de deux jeunes femmes vives d’esprit était confortablement installé dans un canapé rouge pourpre que vous pourrez admirer sur cette photo! Son air malicieux empreint d’intelligence amusée ne l’a pas quitté de la soirée cependant qu’il ne se départait pas de son taciturne élégant. Lire la suite

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Un peu moins d’avoirs pour un peu plus de richesse : une vie de Minimaliste!

Josh et Ryan 5Les minimalistes, vous connaissez ? Ils ont 2 millions de lecteurs sur internet. Ils viennent de publier leur dernier livre et font une tournée internationale en 2014 pour le présenter dans 100 villes et pays anglophones en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie.

Pour ma part je les ai découverts à New York et les ai trouvés fabuleux au point de désirer vous en parler absolument, d’avoir envie de vous encourager à les lire et à les suivre. Douceur et détermination jalonnent leur chemin et embellissent leur âme. Je leur souhaite une continuation conforme à leur mérites et à leur sagacité.

« J’ai quitté ma vie d’opulence, ai renoncé à ma position sociale de jeune cadre supérieur au salaire fort élevé pour pouvoir atteindre la vraie richesse… »

Mais oui, on connaît la chanson. Tous le disent, nombreux prétendent connaître et avoir mis en pratique la recette magique qui permet de concocter une « vraie richesse ». Bien plus nombreux encore prônent Lire la suite

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Quiet veut dire Intranquille?

192books1En suivant l’échange entre Teju Cole et Ivan Vladislavic cette semaine à la libraire New-yorkaise 192books, j’ai été frappée par ce mot anglais « Quiet » qui est revenu dans la discussion à plusieurs reprises.

Nous avons tous lu le roman de Graham Greene qui porte le titre anglais « A Quiet American », traduit en français par « Un Américain bien Tranquille ». Et savons bien que ce tranquille en question renferme une intranquillité majestueuse, non pas nécessairement de l’Américain lui-même mais celle engendrée par ses actes, reflétée par le désenchantement de son vis-à-vis, vieux journaliste Britannique qui a vu le monde… Le tout traduit une situation troublante qui découle des aberrations politiques qui forment le monde, de tout temps peut-être.

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Le Sud-africain Ivan Vladislavic et l’Américain Nigérian Teju Cole écrivent sur la ville. Ils parlent de villes qu’ils connaissent, ressentent, Lire la suite

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James McBride présente son livre en jouant du saxophone!

James_McBride_Stage_CloseUpL’écrivain, saxophoniste et compositeur James McBride, à l’occasion de la sortie de son dernier livre monte une bande et part en tournée pour faire connaître son roman «The Good Lord Bird», finaliste du National Book Award 2013.

J’avais été fascinée par le personnage de James McBride au Brooklyn Book Festival tant je lui ai trouvé de facilité à captiver le public par sa voie mélodieuse, par la magie qu’il savait insuffler aux anecdotes qu’il racontait, et peut-être aussi par le bien-être qui se dégageait de lui. Je peux l’imaginer aisément, sur le podium, à jouer son saxophone et s’arrêter pour un intermède lecture de quelque extrait de son livre. Et j’aurais probablement adoré être présente à ces événements qu’il a eu le génie de mettre sur pied. Lire la suite

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Martin Amis et Will Self au McNally Jackson

Imaginez une belle librairie, avec de très belles sélections de livres, sur deux étages avec un coin café paisible et une atmosphère tant enveloppée que vibrante de lettres. Imaginez maintenant ce lieu dans le quartier Soho de Manhattan. Et imaginez enfin un événement qui y réunit deux magnifiques auteurs Anglais : l’emblématique Martin Amis, monument des lettres et de la critique littéraire britannique et le sulfureux journaliste et écrivain Will Self!

Voilà, c’est là que ça se passe… Et c’était cette semaine, le 29 octobre :

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Brooklyn Book Festival, suite et fin

Pour finir cette série d’articles sur le Festival du livre de Brooklyn 2013, j’aimerais vous parler des écrivains dont je n’ai malheureusement pu suivre que partiellement les lectures et tables rondes.

BKBF Claire MessudL’écrivaine Canadienne Claire Messud présentait son dernier livre, « The Woman Upstairs », en lice pour le Giller Prize 2013. Lire la suite

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Brooklyn Book Festival 2013 – suite

BKBF5Hier nous avons parlé du Festival du Livre de Brooklyn 2013, parcourons maintenant de quelques conférences et débats qui s’y sont déroulés, réunissant les écrivains, savants conteurs d’histoire et parfois engagés politiquement… Lire la suite

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Le Festival du Livre de Brooklyn

Depuis 2006 un événement dédié aux livres se tient chaque année à Brooklyn, dans l’Etat de New York : le Brooklyn Book Festival.

BKBF1À l’origine ce festival accueillait les écrivains vivant à Brooklyn. Norman Mailer, Truman Capote ou Paul Auster font partie des écrivains connus qui très tôt se sont installés à Brooklyn, bien avant que cette partie de l’Etat de New York ne devienne prisée. Depuis ce district est labellisé en quelque sorte : ceux qui se voient comme futurs écrivains s’évertuent à prendre des cours d’écriture dans un cursus réputé ET s’installent à Brooklyn ! Mais, pour en revenir au Festival de Livres de Brooklyn, Lire la suite

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Une nuit pour se connaître

on chesil beachSUR LA PLAGE DE CHESIL
(On Chesil Beach)
Ian McEwan
Éd. Gallimard, 2008 (v.o. 2007)
Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon

Quel délice de faire de nouvelles rencontres ! Depuis quelque temps je désirais lire cet écrivain mais ne savais par quel titre me laisser tenter. On me conseilla celui-ci et je me laissai convaincre sans mal ! L’histoire s’étend sur ce long temps que dure une soirée, Lire la suite

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Que la vie m’épouise…

The terrible privacy ofLA VIE TRÈS PRIVÉE DE MR. SIM
(The terrible privacy of Maxwell Sim)
Éd. Gallimard, 2012 (v.o. 2010)
Traduit de l’anglais par Josée Kamoun

Délectable découverte d’un écrivain qui chante l’obscurité et l’inconséquence de notre monde avec humour et délicatesse. On ne peut faire autrement que recommander ce livre, quand bien même Lire la suite

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Un art de vivre, en paix

Le-Maitre-de-the---Yasushi-InoueLE MAÎTRE DE THÉ
Yasushi Inoue
première édition 1995 (v.0. 1991)
Traduit du japonais par Tadahiro Oku et Anna Guerineau

C’est un livre très dense et malgré sa brièveté on peut passer un long temps en sa compagnie. Pour ma part, j’ai dû le lire deux ou trois fois au moment où je l’ai découvert, et voici que je fus prise du désir de le relire bien des années après, en ce mois d’août 2013. Étonnement je l’ai lu en quelques jours, et y ai trouvé de nouvelles saveurs, de nouvelles informations. J’ai lu un nouveau livre, autrement dit ! Voilà qui ressemble bien à l’essence du thé. Lire la suite

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Le désert renferme bien des secrets

Quel livre lunaire que ce « Dieu sans les hommes » ! Je ne saurais décrire ce que j’entends par un livre lunaire puisque je n’ai jamais posé les pieds sur la lune, mais en revanche je puis affirmer sans états d’âmes que cet écrit n’a pas tant les pieds sur terre… La narration est non seulement multiple mais également dispersée dans le temps. En passant d’un chapitre à l’autre le lecteur traverse parfois plusieurs siècles tantôt dans un voyage vers le passé tantôt dans un retour vers le futur.

Le seul point commun à tous les récits et personnages de ce livre est le lieu qui les accueille, le désert de Mojave, au pied de formations rocheuses qui s’érigent en pics vers le ciel. Y sont abordés le thème du passeur entre les deux mondes, celui des morts et des vivants, les terrestres et les extra-terrestres… Je ne saurais analyser tous les messages que l’écrivain cherche à communiquer à son lecteur. Qu’un lien existe entre tous les êtres de tous les temps, que ce lien se perpétue et que les histoires des morts et des vivants se confondent souvent, que peu importe l’origine de ces êtres humains puisqu’ils sont tous traversés par l’Histoire et l’atmosphère des lieux où ils séjournent, que toutes les histoires et Histoires en réalité sont entremêlées ?… Tout cela est dit et bien d’autres choses encore. Et les personnages mis en scène sont aussi étonnants que variés, un missionnaire de la fin du XVIIIème siècle, une juive new-yorkaise qui épouse un indien sikh, des hippies des années soixante-dix, une tribu indienne, un enfant autiste, un chanteur de rock anglais, une irakienne semi-orphelin et j’en passe. Je ne puis vous donner une idée de l’histoire contée puisque les histoires sont nombreuses. Certains personnages se rencontrent, parfois ils continuent d’être là dans le temps. Mais peu importent les destins et les rencontres, puisque dans ce monde étrange d’Hommes les dieux sont livrés à eux-mêmes, ou serait-ce l’inverse ?…

DIEU SANS LES HOMMES
(Gods with men)
Hari Kunzru
Ed. J.C. Lattès, 2012 (v.o. , 2011)
Traduit de l’anglais par Claude et Jean Manuelli

La structure de ce livre m’a fait penser au roman de Jennifer Egan, Qu’avons-nous fait de nos rêves ? (A visit from the goon squad).

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Grandeur et décadence

Tout comme dans le livre de Column McCann (Et que le vaste monde poursuive sa course folle) l’auteur nous éblouit ici d’une galerie de portraits fabuleux. Certains chapitres pourraient presque être lus, voire publiés indépendamment, sous forme de nouvelles. Aucun ordre chronologique n’est respecté ici, nous passons de l’avenir au présent, rencontrons un personnage dans sa quarantaine, puis adolescent quelques chapitres plus loin avant de le retrouver très vite centenaire ; ici le personnage principal est le narrateur, là faisant un bref passage tel un figurant. Lire la suite

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